L'échec de la fusion entre Nissan et Honda remet en lumière l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi
L’abandon du projet de fusion entre les constructeurs automobiles japonais Nissan et Honda est salué jeudi par Renault, qui assure vouloir continuer de développer les projets en cours de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.
Après avoir entamé en décembre dernier des discussions en vue de fusionner leurs activités d’ici à 2026, Nissan et Honda ont indiqué jeudi avoir conclu qu’il serait «plus approprié de cesser les pourparlers», afin de «privilégier la rapidité des prises de décision et de leur exécution dans un environnement de marché de plus en plus volatil». L’objectif des deux groupes japonais était de s’unir pour augmenter leurs chances de passer sans encombre le virage stratégique du véhicule électrique et de réaliser d’importantes économies d'échelle.
Initialement, Honda avait accepté le principe d’une «fusion entre égaux» qui aurait donné naissance au troisième acteur mondial de l’automobile, mais le groupe basé à Tokyo avait ensuite cherché à faire de Nissan, dont la santé financière est fragile, une simple filiale. «Cela n’a pas été du goût des dirigeants» de la firme de Yokohama, a confié une source proche du dossier à l’agence Agefi-Dow Jones.
Actionnaire et partenaire de Nissan au sein de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, Renault ne s'émeut pas de l'échec de la fusion entre Nissan et Honda. «Les termes de cette transaction, y compris le fait qu’elles n’incluaient aucune prime» de contrôle, «étaient inacceptables» pour Renault, a souligné le constructeur automobile dans une déclaration transmise à l’agence Agefi-Dow Jones.
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Après plusieurs cessions par Renault d’actions Nissan et de l’annulation des titres acquis dans le cadre de cette opération par Nissan, la participation du constructeur français au capital de son partenaire japonais ressort à 35,71% à ce jour. Dans le détail, Renault détient 17,05% du capital de Nissan en direct, tandis que 18,66% des parts sont logées dans une fiducie française dont Renault est bénéficiaire. Ainsi, la contribution de Nissan aux résultats de Renault sur l’ensemble de l’exercice 2024 s'élève à 211 millions d’euros.
De multiples projets sont lancés
«Nous saluons également l’intention de Nissan de se concentrer avant tout sur l’exécution de son plan de redressement et Renault continuera à soutenir Nissan dans les projets en cours» de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, a ajouté le groupe français. Parmi ces projets, Renault prépare actuellement grâce à sa filiale Ampere dédiée aux véhicules électriques une future voiture compacte pour Nissan, après avoir déjà développé la dernière version du modèle Micra du groupe japonais sur la base de sa citadine R5.
Depuis la signature début 2023 des accords définissant pour une durée initiale de 15 ans les nouvelles bases de leur alliance née en 1999, Renault et Nissan poursuivent également d’importants projets de production et de recherche et développement (R&D) en Inde. Dans leur usine commune de Chennai, Renault et Nissan envisagent de produire six nouveaux modèles de véhicules, dont deux à motorisation électrique, à destination du marché indien mais également de clients internationaux. Sur ces six nouveaux modèles, trois seront siglés Nissan et autant porteront la griffe Renault. Les deux partenaires possèdent également un centre de R&D dans la même ville de Chennai.
Les membres de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi mènent aussi des projets opérationnels à forte création de valeur en Amérique latine et en Europe. Ils reposent sur une mutualisation des ressources des trois constructeurs automobiles. Par exemple, Nissan produira un nouveau modèle pour Renault au Mexique.
Après avoir annoncé un investissement de 600 millions d’euros dans Ampere, Nissan songe à présent à acquérir une participation dans The Future Is NEUTRAL, la filiale de Renault dédiée à l'économie circulaire. En outre, Nissan fut un des premiers clients d’HORSE, l’entité de Renault qui fournit depuis 2023 des systèmes de propulsion.
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