Renault poursuit en solitaire sa route en Russie
L’aventure avait été conçue pour être sinon commune, au moins partagée.
Mais les déboires du constructeur russe Avtovaz sont de plus en plus l’affaire du seul Renault, tandis que Nissan se tourne vers son nouveau partenaire Mitsubishi.
Renault supportera l’essentiel de l’augmentation de capital d’Avtovaz de plus d’un milliard d’euros qui vient d’être décidée par ses actionnaires.
Bien qu’ouverte au public, le constructeur français pourrait bien être le seul à y souscrire en partie en cash, pour environ un tiers de son montant.
Sachant que l’essentiel de ce renforcement des fonds propres passera par des abandons de créances.
Au bout du compte, Renault devrait détenir les trois-quarts du capital, contre 11% pour son partenaire russe Russian Technologies et 5% pour Nissan.
Or à l’origine, la répartition du capital était plus équilibrée, Nissan comptant pour 17% de la holding de contrôle du groupe russe, Renault en possédant 50%.
La facture russe, déjà conséquente, s’alourdit donc pour Renault.
Outre cette sortie de cash, les analystes de Barclays estiment que l’opération réduira d’un demi-point sa marge opérationnelle et alourdira de 1,3 milliard d’euros sa dette nette en 2016.
Tel est donc le prix à payer pour attendre le retournement du marché russe.
Divisé par plus de deux deux en trois ans, pour cause de sanctions économiques surtout, nul ne sait s’il se stabilisera enfin en 2017.
Grâce à son brillant redressement, Renault conserve les moyens de sa politique à long terme en Russie. Quitte à devoir l’assumer seule désormais.
Nissan donne désormais priorité à son rapprochement avec Mistubishi qui devrait notamment prendre la forme d’un vaste plan de synergies annoncé avant la fin de l’année.
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