Pascal Quiry : «Les rachats d’actions sont une façon intelligente de réallouer les capitaux»
En 2022, jamais les rachats d’actions n’ont été aussi nombreux en Europe. Selon BNP Paribas Exane, ils se sont élevés à 161 milliards d’euros.
Dans ce contexte, L’Agefi s’est entretenue avec Pascal Quiry, professeur à HEC et coauteur du Vernimmen.
Selon lui, deux éléments expliquent ce chiffre. Les résultats et les marges des entreprises naviguent à un niveau le plus élevé historiquement jamais atteint. De plus, la conjoncture relativement incertaine, dans laquelle les sociétés ne sont pas sûres de maintenir leurs résultats en 2023 et au-delà, incite à privilégier les rachats d’actions aux dividendes.
A lire aussi : Le groupe Bolloré prévoit de racheter une partie de son capital
De manière générale, les rachats d’actions permettent de contrer les effets dilutifs liés notamment à l’octroi de stock-options, explique Pascal Quiry. C’est aussi, selon lui, une manière intelligente de réallouer des capitaux propres aux actionnaires qui vont «dans l’immense majorité des cas les réinvestir dans d’autres entreprises».
Concernant l’imposition plus lourde de cette pratique, actuellement en débat aux Etats-Unis, le professeur de HEC estime qu’elle n’aura pas d’influence sur les programmes de rachat d’actions. En tout cas pas au niveau de 4% qui pourrait être mis en œuvre outre-Atlantique.
Plus d'articles du même thème
-
Thomas Labergère (ING): «Il faut réconcilier le citoyen avec l'économie et la finance»
A l'occasion de l'événement Banques 2030 organisé le 27 mars par L'Agefi, Thomas Labergère, le directeur général d'ING en France, évoque les mesures nécessaires pour promouvoir la compétitivité des banques européennes. -
Retards, défauts, business model... Le point sur le crowdfunding avec Forvis Mazars et France FinTech
Florence de Maupeou, déléguée générale adjointe de France Fintech, et Bertrand Desportes, associé chez Forvis Mazars, répondent aux critiques pesant sur les acteurs du financement participatif. -
Les enjeux de la COP28
La conférence internationale sur les enjeux climatiques s’ouvrira le 30 novembre sur fond de polémiques et de fortes tensions. -
Xavier Lavayssière : «Aujourd’hui, les stablecoins sont de mauvais moyens de paiement du quotidien»
Par leur caractère stable et interopérable, les stablecoins suscitent un intérêt grandissant de la part du monde financier traditionnel. Xavier Lavayssière, chercheur indépendant en régulation des cryptoactifs, apporte son éclairage dans cette vidéo. -
«Nous sommes dans une période de ralentissement des bonus bancaires»
Denis Marcadet, fondateur de Vendôme Associés, et Corinne Orémus, sa directrice générale, constatent les effets sur les bonus et les recrutements des difficultés éprouvées par les banques d'investissement à partir du second semestre 2022. -
«Nous demandons à BNP Paribas d’être plus ambitieuse dans sa vigilance climatique»
Justine Ripoll, responsable de campagnes pour l’ONG Notre Affaire à tous
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester -
Caméléon« Emmanuel Macron est à la fois le premier sponsor des réseaux sociaux et un lanceur d’alerte »
Après les violences du 17 octobre, le président de la République relance l’idée de restreindre, voire de couper l’accès aux réseaux sociaux en cas d’émeutes. Sans aller jusqu'à parler de virage autoritaire, le député Renaissance des Côtes-d’Armor Eric Bothorel met en garde contre « une pente dangereuse ».