Alors que paraît une version enrichie du livre Les Fossoyeurs, la restructuration du gérant de maisons de retraite s’enlise. Il faut dire qu’elle est inédite à plusieurs niveaux.
Publié le
Ajouter à vos sources préférées
Ajouter en favori
Alexandre Garabedian
Alexandre Garabedian, directeur de la rédaction de L’Agefi.
-
Orpea poursuit son chemin de croix. Un an après sa sortie, le livre Les Fossoyeurs, qui a précipité la déchéance du gestionnaire de maisons de retraite et de cliniques, reparaît dans une version enrichie de nouvelles révélations. Ces chapitres supplémentaires ne changeront rien au traumatisme. Le scandale a fait s’effondrer comme un château de cartes un groupe dont les actifs étaient aussi artificiellement soufflés que sa gouvernance, cataclysmique – les investisseurs ESG y ont perdu au passage leurs dernières illusions. Surtout, il ne reste à présent à l’entreprise qu’un petit mois pour assurer sa survie en trouvant un accord pour restructurer sa dette. Elle n’en a jamais paru aussi loin, ses créanciers obligataires et la Caisse des dépôts s’étant quittés mi-janvier sur un constat d’échec.
Les claquements de porte et le poker menteur sont le lot commun de toutes les restructurations financières. Celle d’Orpea se distingue cependant de précédents dossiers emblématiques en France, comme Vivarte ou CGG, sur plusieurs points. D’abord, l’incapacité des parties prenantes à évaluer le nouveau modèle économique de l’entreprise. Les marges dont celle-ci se flattait, et qui reposaient sur des pratiques inacceptables, appartiennent au passé. Si la Caisse des dépôts, pour prix de son soutien, obtient à juste titre et comme elle le réclame un changement complet de la gouvernance et des attentes de rentabilité, les futurs propriétaires d’Orpea deviendront actionnaires d’un acteur semi-public difficile à comparer à ses concurrents du privé. La communication de la société à l’égard des marchés financiers ces derniers mois n’aide pas à y voir plus clair.
Echec interdit
A la table des négociations, beaucoup ont aussi peine à tirer un trait sur leurs pertes. Aux côtés des grandes banques françaises, qui peuvent se permettre aujourd’hui un rôle d’observateur car leurs prêts sont garantis, se trouve une myriade de créanciers présents depuis l’origine : fonds obligataires, banques chinoises ou taïwanaises. Une majorité d’entre eux ont refusé de vendre leurs titres avec une forte décote à des hedge funds spécialisés dans les restructurations, comme c’est l’usage à l’annonce de telles procédures. D’où les crispations des derniers jours : il est paradoxalement plus facile de discuter avec un fonds américain qui fait son miel de la dette décotée, qu’avec un gestionnaire d’actifs traditionnel dont la position a perdu les trois quarts de sa valeur.
Et pourtant, l’échec n’est pas une option. Orpea reste un très gros employeur dans le pays et gère plus de 110.000 lits dans le monde. En plein projet de réforme de retraites, sa déconfiture renvoie aussi la France et les pouvoirs publics à un autre défi majeur, celui du financement de la dépendance. Gageons que l’Elysée, en première ligne dans ce dossier, saura d’ici à l’échéance de fin février amener tous les protagonistes de l’affaire à un compromis.
Plus en difficulté, Bigben vient d’entrer en sauvegarde accélérée. Le PDG d’Atari détiendra indirectement près de 43% du capital de la société après les opérations de refinancement.
Alors que son actionnaire de référence, Porsche SE, exhorte le groupe à accélérer ses prises de décision pour sortir du marasme, la résistance des salariés et des syndicats se renforce.
Elles ont accepté de mettre en œuvre la restructuration financière privilégiée par le distributeur même en cas d’opposition des autres créanciers. Les incertitudes juridiques sur le dossier restent élevées.
Sur le réseau social X, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a assuré que les Français "peuvent continuer à investir, comme aujourd'hui, dans les indices les plus diversifiés".
A partir du 1er septembre, les articles vendus par Shein, Temu et AliExpress seront visés par de lourdes pénalités, comme le prévoyait la loi votée en juin
Du Mouvement 5 étoiles à la Ligue, en passant par Giorgia Meloni, les populistes italiens ont longtemps proposé restructuration, annulation ou sortie de l’euro. Une fois au pouvoir, ils ont pourtant rapidement reculé face aux marchés et à Bruxelles
Alors que Paris est déjà une jungle au sol, le nouveau maire socialiste projette de transformer les toits de la capitale en rooftops pour créer des espaces collectifs inédits. Drôle d'idée et drôle de sens des priorités