L’oncologie, terre promise de la pharmacie
La bataille pour Medivation, une biotech américaine spécialiste des traitements contre le cancer, a vu la victoire du géant Pfizer.
Son déroulement en dit long sur l’importance stratégique de s’assurer une place dans la terre promise aux meilleurs de l’industrie pharmaceutique, l’oncologie.
L’évolution du prix de la cible en donne une bonne idée.
En février, au plus fort du ressac boursier, le titre se trainait à 26 dollars.
Puis Sanofi s’est déclaré au printemps, en proposant deux fois plus, à 52,5 dollars, puis en relevant son offre à 58 dollars.
Or cette offensive a révélé les ambitions de ses rivaux, les Merck, Celgene, Gilead Sciences, voire Amgen et AstraZeneca, et donc Pfizer.
Ce dernier l’a finalement emporté avec une offre à 81,5 dollars.
C’est trois fois le cours de février, 50% de plus que l’offre initiale du français et même au-dessus du plafond de 75 dollars fixé par les meilleurs analystes.
Il est vrai que les cibles comme Medivation sont rares. Contre le cancer de la prostate, il dispose déjà d’un blockbuster, le Xtandi, et pourrait en ajouter un autre à sa collection avec le Talazoparib.
La direction de Medivation en attend beaucoup et, les enchères le prouvent, ses rivaux de l’industrie aussi.
Pour Pfizer, qui avait mis il y a quelques mois 150 milliards de dollars sur la table pour s’offrir Allergan avant de renoncer pour raison politique, le prix à payer pour regonfler son tuyau de médicaments vedettes est tout à fait dans ses cordes.
Pour ses rivaux, la quête de l’oiseau rare continue. On sait désormais qu’il sera hors de prix.
Pour un groupe comme Sanofi, qui a la réputation de ne jamais surpayer, il y a là une réalité incontournable dont il devra tenir compte.
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT« La santé mentale va devenir un facteur de différenciation entre les entreprises et aussi un critère d’investissement »
Entretien entre Denis Panel, CEO de Sycomore AM, et Christophe André, psychiatre et auteur. -
Olivier Bertin, Caisse d’épargne Île-de-France : « La gestion des risques existait avant Trump »
Olivier Bertin, le responsable du département trésorerie-investissements de la Caisse d’épargne Île-de-France, était l’invité de l’Institutional Day organisé par L’Agefi en juin dernier et a répondu à nos questions sur le thème de la gestion des risques. -
Wim Vermeir (AG Assurances - Ageas) : «Le marché est porteur mais nous restons neutre dans notre allocation stratégique»
Depuis l’élection de Trump, l’instabilité géopolitique et économique semble être devenue la nouvelle norme. Wim Vermeir, le directeur des investissements d’AG Assurance – Ageas, invité lors de l’Institutional Day organisé par L’Agefi le 30 juin dernier, explique comment la gestion des risques s’adapte à ce nouveau contexte. -
Céline Boué (Korege) : « La cartographie des risques nous permet de naviguer comme avec une carte de navigation »
Dans un environnement instable, la gestion des risques consiste à distinguer le bon risque du mauvais risque, avec un point d’attention particulier pour les risques majeurs, explique Céline Boué, la directrice des investissements de Korege (Groupe Matmut) à L'Agefi à l'occasion de l'événement Instit Day. -
PARTENARIAT« Réindustrialiser nécessite de bien orienter les investissements vers les éléments clés des chaînes de valeur »
Interview vidéo avec Eric de Tessières, Group Chief Sustainability Officer d’Edmond de Rothschild
- Boeing obtient enfin un précieux sésame sur le 737 Max
- BPCE profite du jackpot de la marge nette d'intérêt
- L’intervention conjointe pour soutenir le yen révèle un risque majeur
- Prétendant de MPS, Banco BPM devient sa cible, le Crédit Agricole reste au centre du jeu
- Bercy exige des banques un meilleur accompagnement des emprunteurs en difficulté
Contenu de nos partenaires
-
Affaire Lyhanna : l'audit recense des enquêtes sur les violences sexuelles sur mineurs « perdues » dans toute la France
Des procédures introuvables, des milliers de dossiers non signalés aux parquets et des enquêteurs débordés ou insuffisamment formés : un état des lieux réalisé après la mort de Lyhanna révèle de graves défaillances dans le traitement des violences sexuelles sur mineurs -
Ruptures« La France à +4 degrés, c’est la plaine du Maroc »
Marc-André Selosse, biologiste et professeur au Museum d'histoire naturelle, explique comment la sécheresse, et plus largement le changement climatique, affecte la biodiversité et le risque que la raréfaction de ressources naturelles fait peser sur nos sociétés -
Crise migratoire à Ceuta : l’Espagne riposte à l’Italie en imposant à son tour des contrôles aux frontières
Madrid va rétablir dès ce samedi des contrôles dans ses ports et aéroports pour les voyageurs en provenance d’Italie. Cette mesure de rétorsion intervient après le refus de Rome de lever les restrictions imposées à l’Espagne dans le sillage de la crise migratoire à Ceuta