L’incroyable année 2022 de TotalEnergies
Habituée des projecteurs, la plus grande entreprise française pourrait malgré tout sortir de l’année 2022 groggy tant elle a pris la lumière. TotalEnergies a été mis sur le gril dès février, avec l’éclatement de la guerre en Ukraine, le groupe employant alors plus de 13 milliards de dollars de capitaux en Russie. L’offensive de Vladimir Poutine a d’abord fait chuter l’action du pétrolier, avant que son impact sur les prix du pétrole ne lui permette de reprendre de la hauteur. Les dirigeants du groupe ont achevé de rassurer le marché à l’automne en annonçant une hausse du retour aux investisseurs et des perspectives alléchantes dans le gaz naturel liquéfié (GNL). En cinq semaines, le titre s’est offert un rallye de 26%. Il gagne désormais 32% depuis le début de l’année, seulement battu par Thales (+57%) au palmarès des plus fortes hausses du CAC 40 et loin devant Safran (+8%).
Le contexte de flambée des prix de l’énergie profite particulièrement au groupe dirigé par Patrick Pouyanné. Après 18,1 milliards de dollars en 2021, il devrait engranger un profit net ajusté de 36,6 milliards cette année selon le consensus des analystes compilé par Factset. Le cash coule à flots dans les caisses de l’énergéticien, au point que son endettement net pourrait devenir positif dans les prochains mois.
Revers de la médaille, cette santé financière florissante attire les convoitises, et les critiques. Malgré les importantes ristournes à la pompe accordées par TotalEnergies, la taxation des superprofits des pétroliers – ciblant essentiellement TotalEnergies et Esso en France – a fini par être mise en œuvre en Europe. Son impact devrait toutefois demeurer limité. Le groupe l’estime à 1 milliard d’euros au niveau européen, dont environ 150 millions en France. TotalEnergies a aussi dû accorder des augmentations significatives à ses salariés pour éteindre une grève des raffineries et mettre fin aux importantes pénuries de carburants qui ont touché l’Hexagone cet automne.
Meilleure ennemie des associations environnementales, l’entreprise a également augmenté ses engagements en matière climatique. Elle a ainsi passé à 4 milliards de dollars l’enveloppe d’investissements dédiés aux énergies renouvelables, après 3 milliards en 2021. Mais, alors que la pression sur ces thématiques s’intensifie, TotalEnergies devra sans doute accélérer encore son verdissement sous peine de voir de plus en plus d’investisseurs et de financeurs prendre leurs distances.
Plus d'articles du même thème
-
L'Europe est sous la menace du rebond des prix du gaz
Alors que la Chine a commencé à reconstituer ses stocks de gaz et que ceux de l'Europe sont au plus bas, les conditions sont réunies pour pousser les prix à la hausse en l'absence d'accalmie dans le Golfe. -
Yanara lève 150 M€ auprès de Mirova pour accélérer sa croissance en Australie
Cette première levée de fonds dédiée au marché australien doit accélérer l’expansion du groupe dans un secteur porté par la transition énergétique du pays. -
Eni renforce sa présence scandinave dans les hydrocarbures
Vår Energi, détenu à 63% par l’énergéticien italien, prépare une offre en cash et en titres sur son compatriote norvégien BlueNord qu’il valorise 1,33 milliard de dollars.
ETF à la Une
La Corée du Sud suspend la cotation des ETF à effet de levier
- Les créanciers d’Altice International contre-attaquent
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur du luxe amorce une reprise au deuxième trimestre
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
Contenu de nos partenaires
-
UltimatumMonique Barbut va présenter sa démission à Emmanuel Macron
La ministre de la Transition écologique a annoncé mardi soir, devant plusieurs médias dont l'Opinion, qu'elle présenterait sa démission au chef de l'Etat. En cause : le refus du gouvernement de revenir sur la réintroduction encadrée de l'acétamipride dans la loi agricole -
RemaniementSNCF : Jean Castex impose sa marque en remaniant la direction de SNCF Voyageurs
Le patron du groupe ferroviaire souhaite « impulser une nouvelle dynamique » chez sa filiale. En interne, Jean Castex défend une autre conception de la décentralisation des activités de sa filiale -
Bras de ferGuerre en Ukraine : les anciens contre les modernes
Le départ du ministre de la Défense Mikhaïlo Fedorov, en conflit sur des choix stratégiques avec le commandant en chef des armées Olexandr Syrsky, a provoqué des manifestations d’ampleur