L’Etat serre ses déficits mais néglige ses engagements hors-bilan
La démission du directeur financier d’EDF n’est pas une simple crise de gouvernance de plus à la tête d’une entreprise publique.
Il s’agit plutôt d’un nouveau symptôme d’une crise de la gouvernance publique centrée sur l’incapacité de l’Etat à assumer les suites financières de ses choix.
Le calendrier a pesé dans la décision de Thomas Piquemal aussi bien que le fond du dossier d’Hinkley Point, catalyseur du désaccord avec son président Jean-Bernard Lévy.
Le calendrier, c’est que la décision, voulue par l’Elysée et Bercy, de lancer ce super-chantier survient alors qu’aucun des EPR en construction n’est opérationnel, que le prix de l’électricité s’effondre et que le montage financier reposant sur EDF n’est pas bouclé.
Le fond, c’est la situation financière tendue d’EDF et une capitalisation boursière désormais inférieure au montant global du projet, soit 23 milliards d’euros !
Compte tenu des masses en cause, le groupe peut-il engager ses fonds propres avant de s’être redressé ?
Cette question ressemble beaucoup à celle posée par un autre démissionnaire-clé de la sphère publique.
En abandonnant fin février la présidence de SNCF Réseau, Jacques Rapoport a lui aussi voulu attirer l’attention sur la réalité financière du rail français.
Un sous-investissement massif affecte ses 30.000 km de lignes, avec les conséquences sur la sécurité et la qualité du service que cela implique.
Or si l’Etat juge la rénovation du réseau prioritaire, les budgets ne suivent pas.
L’endettement de SNCF Réseau avoisine 40 milliards et augmente de 1,5 milliard par an.
Limiter le sacro-saint déficit au sens de Maastricht s’impose bien sûr.
Mais quel intérêt quand l’Etat laisse ainsi filer ses engagements hors bilan?
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIAT« La santé mentale va devenir un facteur de différenciation entre les entreprises et aussi un critère d’investissement »
Entretien entre Denis Panel, CEO de Sycomore AM, et Christophe André, psychiatre et auteur. -
Olivier Bertin, Caisse d’épargne Île-de-France : « La gestion des risques existait avant Trump »
Olivier Bertin, le responsable du département trésorerie-investissements de la Caisse d’épargne Île-de-France, était l’invité de l’Institutional Day organisé par L’Agefi en juin dernier et a répondu à nos questions sur le thème de la gestion des risques. -
Wim Vermeir (AG Assurances - Ageas) : «Le marché est porteur mais nous restons neutre dans notre allocation stratégique»
Depuis l’élection de Trump, l’instabilité géopolitique et économique semble être devenue la nouvelle norme. Wim Vermeir, le directeur des investissements d’AG Assurance – Ageas, invité lors de l’Institutional Day organisé par L’Agefi le 30 juin dernier, explique comment la gestion des risques s’adapte à ce nouveau contexte. -
Céline Boué (Korege) : « La cartographie des risques nous permet de naviguer comme avec une carte de navigation »
Dans un environnement instable, la gestion des risques consiste à distinguer le bon risque du mauvais risque, avec un point d’attention particulier pour les risques majeurs, explique Céline Boué, la directrice des investissements de Korege (Groupe Matmut) à L'Agefi à l'occasion de l'événement Instit Day. -
PARTENARIAT« Réindustrialiser nécessite de bien orienter les investissements vers les éléments clés des chaînes de valeur »
Interview vidéo avec Eric de Tessières, Group Chief Sustainability Officer d’Edmond de Rothschild
- Boeing obtient enfin un précieux sésame sur le 737 Max
- BPCE profite du jackpot de la marge nette d'intérêt
- L’intervention conjointe pour soutenir le yen révèle un risque majeur
- Prétendant de MPS, Banco BPM devient sa cible, le Crédit Agricole reste au centre du jeu
- Bercy exige des banques un meilleur accompagnement des emprunteurs en difficulté
Contenu de nos partenaires
-
Etats-Unis : Todd Blanche, ancien avocat de Donald Trump, confirmé à la tête du ministère de la Justice
Le Sénat américain a approuvé samedi 8 août, par 50 voix contre 49, la nomination de Todd Blanche comme ministre de la Justice. Ancien avocat personnel de Donald Trump, il occupait le poste par intérim depuis le limogeage de Pam Bondi en avril -
L'ONU s'apprête à renouveler son contrat avec Palantir malgré les inquiétudes sur la protection des données
Le Programme alimentaire mondial finalise un nouvel accord de cinq ans avec l’entreprise américaine Palantir. Un audit interne de 2025 avait pourtant relevé des lacunes dans la gestion des risques et de sérieuses inquiétudes concernant la protection des données -
Affaire Lyhanna : l'audit recense des enquêtes sur les violences sexuelles sur mineurs « perdues » dans toute la France
Des procédures introuvables, des milliers de dossiers non signalés aux parquets et des enquêteurs débordés ou insuffisamment formés : un état des lieux réalisé après la mort de Lyhanna révèle de graves défaillances dans le traitement des violences sexuelles sur mineurs