Les rémunérations 2022 des patrons s’envolent en Europe, mais pas en France
Les entreprises européennes réagissent de manière très contrastée à la rémunération de leurs dirigeants, constate lafintech Scalens. Si la France a misé sur l’apaisement avec une modération de la rémunération totale 2022 des dirigeants exécutifs du CAC 40 (-8% à 7,4 millions d’euros), les autres pays européens enregistrent une envolée. En particulier au Royaume-Uni (+143% à 13,4 millions), en Allemagne (+83% à 15,4 millions) et en Italie (+86% à 8 millions).
Après une hausse de 20% en France en 2021, le fixe a seulement progressé de 7% à 1,3 million d’euros cette année. Toutefois, la moitié des patrons du CAC 40 n’ont pas augmenté leur fixe. Dans le reste de l’Europe, la stabilité prévaut, hormis la Norvège (+11% à 1 million) et le Royaume-Uni (+5% à 1,6 million).
Après déjà une année 2021 record, les variables cibles des patrons du CAC 40 bondissent de 31% à 2,6 millions d’euros pour 2022. Les autres pays européens agissent en ordre dispersé, d’une stabilité à +80%, dont +8% au Royaume-Uni à 3,7 millions et +4% en Allemagne à 5,5 millions.
En revanche la rémunération de long terme en actions recule de 28% en France à 3,6 millions (après une année 2021 atypique tirée par des primes exceptionnelles), et reste stable aux Pays-Bas à 2,6 millions, alors qu’elle progresse partout ailleurs… jusqu’à +1,311% au Royaume-Uni à 8,2 millions et +764% en Allemagne à 7,7 millions. Désormais 45% du CAC 40 fixe un plafond d’attribution en valeur et non en nombre de titres, afin d’éviter les effets d’aubaine, en cas de forte hausse des cours.
Sur le bonus court terme, seulement les deux tiers des critères sont financiers contre la quasi-totalité trois ans plus tôt. Les groupes pétroliers sont les plus en avance pour l’utilisation d’objectifs RSE. En général, la France offre la plus fine granularité sur les critères, tandis que le climat n’entre pas encore dans les rémunérations des dirigeants de sociétés britanniques, constate Scalens.
Sur les bonus de long terme, les critères sont majoritairement financiers. Les sociétés industrielles, des services et de la consommation exigent quelques critères RSE, alors que ces objectifs sont quasiment absents des autres secteurs. Le secteur pétrolier préfère concentrer les objectifs extra-financiers sur le court terme pour mettre la pression sur les dirigeants.
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