Les patrons du Crédit Mutuel taillent à leur tour dans leur rémunération
Les dirigeants de Crédit Agricole SA (CASA) et de sa filiale Amundi ont finalement fait des émules. Début avril, ils avaient suivi l’appel à la modération lancé par la Banque centrale européenne en renonçant à la moitié de leur bonus 2019, soit 2 millions d’euros. Les deux principales entités du Crédit Mutuel et la Société Générale ont elles aussi pris des mesures de «solidarité» face à la crise sanitaire. La plus spectaculaire concerne la direction du Crédit Mutuel Arkéa, qui a discrètement renoncé à la totalité de ses primes au titre de 2020, comme le révèle le document de référence du groupe breton. Or la partie variable représentait ces dernières années les deux tiers de la rémunération de Jean-Pierre Denis, président d’Arkéa (voir tableau).
Officiellement prise «dans le contexte lié à l'épidémie de Covid-19», la mesure tombe à point nommé, alors que la Confédération Nationale du Crédit Mutuel juge non-conforme l’attribution d’un bonus au président du groupe dissident.
Chez son rival, le Crédit Mutuel Alliance Fédérale, le président Nicolas Théry et le directeur général Daniel Baal ont proposé d’abaisser de 20% leur rémunération en avril, mai et juin, indique un porte-parole à L’Agefi. L’effort représente 5% du salaire fixe annuel des deux banquiers, qui ne perçoivent pas de primes et restent moins payés que leurs pairs français malgré une nette revalorisation en 2019.
Ailleurs, l’effort n’est pas encore totalement quantifiable. Les dirigeants de la Société Générale vont renoncer à la moitié de la part variable qui leur sera attribuée au titre de 2020, a annoncé le DG Frédéric Oudéa fin avril, lors de la présentation des résultats à fin mars. Le montant sera déterminé une fois bouclés les comptes de l’année, déjà marqués par une perte au premier trimestre.
Baisse mécanique
Les autres banques n’ont pas amputé les rémunérations, mais pointent une baisse mécanique lié au recul des résultats financiers et à la chute de leur cours de bourse, sur lequel sont en partie indexés les bonus des établissements cotés.
Chez BNP Paribas, qui anticipe une chute de 15% à 20% de son bénéfice annuel, «l’ensemble des paiements 2020 (des dirigeants) devrait baisser de 25%, y compris les différés des années antérieures», a déclaré hier Jean Lemierre, président du groupe, au cours de l’assemblée générale annuelle. Chez BPCE et sa filiale cotée Natixis, «le variable sera très significativement inférieur à 2019», a prévenu le président du directoire Laurent Mignon, lors des résultats à fin mars.
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