Les grands pétroliers limitent les dégâts grâce aux baisses de coûts
Malgré la faiblesse des cours des hydrocarbures, les résultats trimestriels publiés vendredi par plusieurs «majors» du secteur pétrolier ont prouvé leur capacité à compenser grâce à un contrôle renforcé de leurs dépenses.
L’américain Exxon Mobil a dégagé un bénéfice net de 2,65 milliards de dollars (2,43 milliards d’euros), soit 63 cents par action, contre 4,24 milliards (1,01 dollar par action) un an plus tôt, accompagné d’un chiffre d’affaires en repli de 13% à 58,68 milliards. Les analystes tablaient sur un chiffre d’affaires de 63,85 milliards et un bénéfice par action de 58 cents. Confronté à des résultats qui ont fléchi dans toutes les divisions, y compris dans le raffinage qui avait jusqu’alors joué le rôle d’amortisseur, le groupe a diminué de 45% ses dépenses d’exploration et d’investissement sur la période, à 4,19 milliards.
Son concurrent Chevron a enregistré un bénéfice net en chute de 37,2% à 1,28 milliard de dollars. Hors exceptionnels, le bénéfice par action de 49 cents bat le consensus qui le donnait à 37 cents. Si le résultat du raffinage a été divisé par plus de deux d’un an sur l’autre, celui de l’amont a été multiplié par sept grâce à une baisse des coûts aux Etats-Unis et à de moindres charges fiscales.
De son côté, le français Total prévoit désormais 2,7 milliards de dollars d'économies sur l’ensemble de l’exercice 2016, au-dessus de son précédent objectif de 2,4 milliards. Il table sur 18 milliards d’investissements organiques cette année, contre une fourchette antérieure de 18 à 19 milliards auparavant communiquée. En dépit d’un repli de 25% à 2,07 milliards de son bénéfice net ajusté trimestriel, celui-ci est ressorti 10% au-dessus des attentes.
La situation est plus délicate à surmonter pour des groupes géographiquement moins diversifiés. L’italien Eni, qui a confirmé la réduction de 20% de ses dépenses d’investissement cette année, affiche une perte trimestrielle nette de 484 millions d’euros, contre un résultat négatif de 127 millions voici un an et une perte de 70 millions attendue par le consensus. Si Total entend réduire ses coûts en vue de dégager un cash-flow couvrant ses investissements industriels et la part en numéraire du dividende avec un cours du pétrole à 55 dollars le baril en 2017, «Eni a besoin d’un prix de 60 dollars pour y parvenir», jugent les analystes d’Exane BNP Paribas.
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