Christine Lagarde pourrait quitter la BCE plus tôt que prévu à cause de la présidentielle française
La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a déclaré qu’il restait envisageable qu’elle quitte ses fonctions avant la fin de son mandat, fin 2027, afin de peser sur la vie politique française à l’approche de l’élection présidentielle de l’année prochaine.
Répondant à une question du journal Les Echos, qui lui demandait si elle n’excluait pas de partir prématurément en cas d’accalmie sur les marchés, éventuellement pour participer au débat politique français, elle a affirmé : «C’est possible. Je pense qu’une voix européenne doit s’exprimer dans le débat présidentiel français». Elle pourrait notamment intervenir si «une perspective réductrice de l’ancrage français au sein de l’Europe» s’installait dans le débat.
«J’aurais une voix française et européenne parce que je suis profondément les deux», a-t-elle déclaré au sujet de son rôle potentiel dans ce scrutin. «Je leur dirais que sur le plan de l’avenir économique de notre continent, la France doit jouer un rôle déterminant. Et que sans cet environnement et cet ancrage européens, les perspectives économiques sont à tout le moins brouillées», a-t-elle ajouté.
Rumeurs persistantes
Christine Lagarde n’exclut pas d’avoir une discussion franche avec certains candidats. Sur la perspective d’un engagement auprès de l’un d’entre eux, voire de sa propre candidature, elle a d’abord indiqué qu’elle allait «s’interroger» avant de rétropédaler : «Non, je plaisante. Je pense que ce n’est pas d’actualité».
Par le passé, la présidente de la BCE avait minimisé les rumeurs de démission, comparant son rôle à celui du capitaine d’un navire qui ne saurait l’abandonner en pleine tempête, alors que l’inflation s’envolait sous l’effet d’une flambée des cours du pétrole déclenchée par la guerre en Iran. Elle avait alors précisé que son scénario de référence restait de mener son mandat à terme, soit jusqu’à la fin octobre 2027.
Un départ anticipé de Christine Lagarde permettrait aussi au président actuel de la République française, Emmanuel Macron, de participer à la nomination de son successeur.
(Avec Reuters)
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