Les ETF d’actions américaines signent un retour en force au deuxième trimestre
La guerre au Moyen-Orient a fait à peine frémir le marché européen des ETF : après un mois de mars difficile, la collecte est repartie tambour battant dès avril et signe un excellent deuxième trimestre. Selon les données de Trackinsight, elle atteint 113 milliards d’euros ces trois derniers mois, après 107 le trimestre précédent. Les encours dépassent désormais la barre des 3000 milliards en euros, moins d’un an après l’avoir franchie en dollars.
Des flux qui continuent de faire la part belle aux ETF actions (84 milliards d’euros, contre 86 milliards au trimestre précédent) et en particulier à ceux exposés aux actions internationales : 19 milliards ont été collectés sur le périmètre des marchés développés et 29 milliards sur celui des actions mondiales, marchés émergents inclus. Ce trimestre marque surtout le retour des actions américaines, avec des souscriptions qui triplent d’une période à l’autre et dépassent 26 milliards d’euros. Un chiffre qui reste toutefois loin des sommets atteints au dernier trimestre 2024, lorsque près de 55 milliards avaient afflué vers les ETF d’actions américaines.
Des actions européennes dans le rouge
Les actions émergentes, très en vue en début d’année, voient leur collecte reculer (3 milliards contre près de 13 milliards le trimestre précédent). Mais ce sont surtout les ETF d’actions européennes qui souffrent du retournement des flux : les expositions à la zone euro enregistrent plus de 3 milliards d’euros de rachat, auxquels s’ajoutent 1 milliard pour le périmètre Europe et 1 milliard supplémentaire pour la seule cote allemande.
Les ETF obligataires ont, quant à eux, bénéficié d’une collecte dynamique, attirant quelque 29 milliards d’euros, contre 20 milliards au trimestre précédent. Les titres américains tirent davantage leur épingle du jeu que les européens (5,3 et 3,7 milliards respectivement). En termes de profil de risque, les émetteurs souverains et les entreprises font jeu égal, à environ 12 milliards d’euros de souscriptions chacun. C’est une accélération très nette pour le segment du crédit qui avait été très à la peine au premier trimestre (moins de 500 millions). Les flux vers la dette à court terme (y compris monétaire) refluent quelque peu, passant de 12 à un peu moins de 9 milliards.
12 % des flux vers les ETF actifs
Si l’essentiel des encours européens (plus de 96 %) sont logés dans des ETF indiciels, les véhicules gérés activement continuent de gagner du terrain : ils captent près de 12 % des flux (plus de 13 milliards d’euros), contre 8 % au trimestre précédent. Les ETF ESG restent stables, à 20 % de la collecte et 21 % des encours.
En dehors du périmètre des fonds Ucits, les produits indexés sur l’or et les cryptos connaissent des évolutions contrastées : alors que les ETP sur l’or physique redressent très nettement la barre (plus de 2 milliards d’euros de souscriptions au deuxième trimestre contre 1 milliard de rachat au premier), ceux sur les actifs digitaux – souvent qualifiés d’« or digital » – voient leur collecte divisée par près de trois à 250 millions d’euros.
Le classement des fournisseurs reste largement dominé par iShares (BlackRock), avec près de 32 milliards d’euros de collecte, un niveau équivalent à celui du premier trimestre. XTrackers (DWS), de son côté, s’arroge la deuxième place après un début d’année décevant (13 milliards contre 5 sur la période précédente).
L’allemand devance Amundi et Vanguard, au coude à coude avec chacun 12 milliards de souscriptions, tandis que SPDR (State Street) reste en embuscade (un peu plus de 11 milliards). Invesco signe un bon trimestre, avec plus de 8 milliards d’euros de flux, notamment grâce à ses ETF d’actions américaines. BNP Paribas AM, dont les encours intègrent ceux d’Axa IM, se classe en huitième position, avec 3,7 milliards de flux.
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