Le scandale William Saurin rappelle les financiers à la prudence
Quelques semaines après sa mise au jour, le scandale touchant le groupe constitué autour de la Financière Turenne Lafayette, propriétaire de Madrange ou William Saurin, révèle son risque financier potentiel.
Des centaines de millions d’euros sont en jeu, que le démembrement ordonné de l’entreprise donnera peut-être l’occasion aux divers types de financiers prêteurs de récupérer, au moins en partie.
Fin décembre, au cours d’une réunion au Comité interministériel de restructuration industrielle, les banques et les gérants de fonds obligataires spécialisés dans le financement d’entreprises ont pu apercevoir l’ampleur du sujet.
Pour les premières, l’encours global de crédits dépasserait 300 millions d’euros. Quant aux seconds, ils ont souscrit en 2014 un placement d’obligations à 5 ans de 80 millions d’euros.
On y trouve la fine fleur de la finance parisienne, sociétés de gestions ou investisseurs institutionnels comme la Caisse des dépôts.
Aucun n’a soupçonné que le financement mis en place par l’ancienne propriétaire du groupe, décédée en décembre, n’était qu’une fraude pure et simple.
Tous se sont engagés sur la base de comptes reposant sur de fausses factures et sur les visites des sites qui les avaient rassurés sur la qualité de l’outil de production.
Voilà qui sonne comme un salutaire rappel sur les risques qui s’attachent à l’activité de financement, surtout dans le non coté, à l’heure où le retrait des banques ouvre de nouvelles occasions à d’autres investisseurs, notamment les fonds.
Il est vrai que dans ce cas, les comptes étaient audités par deux poids lourds, PwC et Mazars, dont le degré de responsabilité et la discrétion récente font beaucoup jaser ces jours-ci sur la Place.
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