Le modèle économique d’Uber sous pression
Selon l’agence Bloomberg, Uber aurait perdu en exploitation près de 1,3 milliard de dollars au premier semestre.
Le chiffre n’a pas été démenti. Colossal, il juge un doute sur la solidité du modèle économique de la star de l’économie de partage.
L’excédent brut d’exploitation est un indicateur de rentabilité capital, celui qui intéresse le plus les financiers.
Or ceux-ci ont prêté des milliards à Uber sans voir encore quand l’entreprise sera profitable.
Sept ans après sa création, elle n’a jamais gagné d’argent et en a sans doute perdu plus de 4 milliards de dollars. Une sorte de record.
Or, signe inquiétant, les pertes ont augmenté, selon Bloomberg, au premier puis au second trimestre.
Et surtout, sous la pression de la concurrence de Lyft, Uber a recommencé à perdre de l’argent aux Etats-Unis alors qu’il venait d’y sortir du rouge.
Son patron Travis Kalanick a dû se résoudre à fermer carrément la Chine début août.
Il y réalisait 40% de ses courses mais aussi plus de la moitié de ses pertes.
Il a préféré les troquer contre 17,5% du capital de son rival local Didi Chuxing plus un milliard de dollars.
Dès lors, ses pertes devraient chuter sauf si ses multiples batailles judiciaires et sociales partout dans le monde lui coûtent trop.
Mais pour Uber, qui dispose de plus de 10 milliards de cash, le principal défi n’est pas là.
En fermant la Chine, et en voyant partout surgir des concurrents, sa course à la croissance échevelée, qui est au cœur de son modèle, va ralentir.
Or il doit absolument l’éviter s’il ne veut pas voir chuter sa valorisation actuelle de 70 milliards d’euros.
Car c’est sur elle que ses financiers comptent pour se refaire à l’occasion d’une prochaine entrée en bourse.
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