Le dossier Areva est loin d’être bouclé
Communiqués officiels et déclarations optimistes ne changent rien à la réalité :
au lendemain des réunions de mercredi à l’Elysée et chez EDF et Areva, le bouclage financier du redressement du groupe nucléaire français est loin d’être assuré.
Car les points d’interrogation abondent encore. Primo, contrairement à ce qu’on espérait, EDF n’a pas déposé d’offre formelle.
Car le risque finlandais, dont l’électricien ne veut hériter à aucun prix et dont le montant demeure inconnu, n’est toujours pas cantonné.
Il est juridiquement attaché à la structure Areva NP et les Finlandais entendent qu’il le reste.
Pour qu’EDF s’engage enfin, il faut donc trouver une solution technique permettant de « déplacer » ce risque ailleurs sans braquer Helsinki.
Cet imbroglio juridique est encore compliqué par une acrimonieuse procédure arbitrale en cours.
Il est derrière la passe d’armes récente entre Emmanuel Macron et son homologue finlandais.
Conséquence : Areva ne peut plus espérer céder sa filiale avant 2017. Or il s’apprête à faire de nouvelles pertes pour 2015.
Secundo, l’ardoise pour l’Etat, et donc les contribuables, donne le tournis. 5 milliards, c’est un quart de point de PIB !
La taille de la recapitalisation est telle qu’aucune précision sur son calendrier n’a été donnée mercredi.
Or Paris aura toutes les peines du monde à plaider son dossier à Bruxelles qui y verra sans doute à bon droit une aide d’Etat.
Bercy se flatte de pouvoir contourner l’obstacle en attirant avec lui d’autres investisseurs.
Souhaitons-le, en espérant toutefois que le chiffre ne devra pas être relevé dans l’avenir.
Et en observant aussi que les derniers à s’être risqués dans Areva, les Koweïtis, ont perdu quasi toute leur mise !
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