La menace Amazon se précise pour le secteur de la santé
Amazon envoie un nouveau coup de semonce aux distributeurs pharmaceutiques américains. Le géant de l’e-commerce a annoncé jeudi le rachat de son compatriote PillPack, un spécialiste de la livraison de médicaments par internet, qui intéressait aussi le distributeur Walmart.
A l’échelle d’Amazon, l’acquisition reste modeste, moins d’un milliard de dollars, selon la presse américaine. Elle concrétise en revanche une vieille menace : voilà 20 ans que le groupe fondé par Jeff Bezos songe à bousculer d’une manière ou d’autre le secteur de la pharmacie aux Etats-Unis. Avec PillPack, une start-up fondée il y a cinq ans et qui s’appuie sur une technologie propriétaire pour automatiser les tâches des pharmaciens, Amazon se donne enfin les moyens de jouer les trouble-fête.
L’effet a été immédiat à Wall Street. Les actions des leaders américains de la distribution de médicaments, Walgreens et CVS Health, plongeaient de plus de 9% à l’ouverture de la séance. Amazon a déjà secoué le secteur en janvier, en s’alliant avec la banque JPMorgan et l’assureur Berkshire. Objectif des trois groupes : réduire les frais de santé de leurs salariés. Il faut dire qu’entre les fabricants, les grossistes, les gestionnaires de prescriptions médicales et les pharmacies de détail, la chaîne de valeur du médicament est particulièrement encombrée outre-Atlantique. Amazon peut donc espérer siphonner les marges de ces multiples intervenants sur un marché qui a l’avantage d’offrir un chiffre d’affaire très récurrent.
Le groupe de Jeff Bezos devra toutefois s’armer de patience. Avec Berkshire et JPMorgan, il lui a fallu six mois pour trouver le patron de sa joint-venture dans la santé. Et pour l’heure, selon une récente étude du courtier Bernstein, moins de 2% des ventes de médicaments s’effectuent en ligne aux Etats-Unis.
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