La confusion règne une nouvelle fois dans la stratégie de Renault

Nissan a apporté un démenti suite à la publication dans le Nikkei de propos de Carlos Ghosn annonçant la création d’une holding commune
Patrick Aussannaire

Nouvelle cacophonie chez Renault. Au cours d’une visite au Japon visant à évaluer les dégâts du séisme dans ses usines, le président de Renault et Nissan, Carlos Ghosn, livre au journal Nikkei son intention de loger les deux sociétés, dans un délai de deux à trois ans, sous une holding commune. D’après le projet évoqué par Carlos Ghosn, le russe AvtoVAZ, détenu à 25%par Renault, et ses autres filiales Dacia et Renault Samsung Motors, seraient également chapeautés par la holding unique. Le quotidien nippon indique également que le président aurait pris soin de ménager les intérêts des actionnaires, les deux sociétés continuant de bénéficier d’une cotation séparée, mais aussi l’Etat français, qui détient 15% des parts du constructeur français, en indiquant que ce dernier aurait son mot à dire.

L’annonce aurait permis de faire oublier les déboires récents du groupe, alors que l’action commence à se reprendre, gagnant plus de 7,5% depuis ses plus bas niveaux enregistrés le 16 mars dernier. Les analystes, qui estiment que le groupe gagnerait en efficacité et en synergie si les entités fusionnaient, auraient ainsi bien reçu cette annonce, si elle avait été confirmée. Néanmoins, quelques heures seulement après la parution de l’article, l’information a été démentie par Nissan. «Il n’y a pour le moment aucun projet de former une holding commune» indiquait la société japonaise dans un communiqué. Et de préciser que «l’article publié jeudi dans le Nikkei était une mauvaise interprétation d’un long entretien dans lequel Monsieur Ghosn a seulement indiqué que la structure de Renault-Nissan resterait dynamique».

Une justification confuse, symbole de l’image que renvoie la société depuis quelques temps. En cause, des incidents exogènes aggravés par la stratégie de communication du groupe. La gestion de l’affaire d’espionnage a en effet révélé les failles de la direction du groupe, accusé par le porte-parole du gouvernement, François Baroin d’avoir fait basculé «une immense entreprise comme celle-ci (…) dans un amateurisme et une affaire de Bibi Fricotin et de barbouze de troisième division ». De plus, le constructeur automobile paye sa forte exposition au marché japonais via son alliance avec Nissan dont il détient 44% du capital, sa capitalisation boursière ayant fondue mi-mars de 1,3 milliard d’euros, soit 11% de sa valeur, en trois séances.

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