Le fabricant d’armes franco-allemand KNDS a annoncé le report de son projet de cotation à Paris et Francfort.
Prévue pour juillet, cette introduction en Bourse a été suspendue en raison de la volatilité du secteur de la défense.
La valorisation estimée du groupe a chuté, passant de 20 milliards d’euros à moins de 15 milliards d’euros, voire 12 milliards d’euros.
La décision était dans l’air depuis quelques jours, elle est tombée mercredi dans la soirée. KNDS a annoncé le report de son projet d’introduction en Bourse en raison «de la volatilité actuelle des marchés dans le secteur européen de la défense».
Le fabricant de chars franco-allemand précise que ses actionnaires l’ont informé «de leur intention de reprendre le processus d’introduction en Bourse dès le retour de conditions de marché plus favorables». «La société a achevé la quasi-totalité des phases de préparation requises pour son projet de cotation et a mené des discussions approfondies avec les investisseurs», ajoute-t-elle.
Ce projet, attendu depuis plusieurs mois et qui aurait dû se concrétiser durant le mois de juillet, a été percuté par une volte-face du gouvernement allemand. La semaine dernière, Berlin a annulé un important projet au détriment du producteur de munitions Rheinmetall qui a plongé de 18% en Bourse en réaction. KNDS n’est pas directement concerné par cette affaire mais elle jette un léger doute sur la capacité de l’Allemagne à honorer ses promesses en matière de défense.
Valorisation dégradée
Au-delà de ce cas particulier, le secteur est également à la peine depuis le début de l’année ce qui a pesé sur la valorisation que pouvaient espérer les actionnaires du groupe. D’un montant d’environ 20 milliards d’euros il y a quelques mois, les dernières indications pointaient vers un prix inférieur à 15 milliards, voire 12 milliards d’euros. Des niveaux que l’Etat français et, surtout, les familles allemandes, qui entendent céder l’ensemble de leur participation dans l’opération, n’ont visiblement pas trouvé suffisants.
Le projet, dévoilé initialement fin 2025, prévoyait une cotation de KNDS sur les Bourses de Paris et Francfort. Aucune augmentation de capital ni recours aux investisseurs particuliers n’était au programme mais le gouvernement allemand devait reprendre 40% du capital pour se retrouver à égalité avec l’Etat français censé de son côté céder 10% des titres.
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