La BCE préfère temporiser avant une éventuelle nouvelle hausse de taux en septembre
La Banque centrale européenne (BCE) a décidé jeudi de maintenir ses taux directeurs inchangés, se donnant du temps pour évaluer l’impact du regain de tensions au Moyen-Orient et de la flambée des prix du pétrole sur l’inflation dans l’union monétaire.
Le taux de rémunération des dépôts, le principal taux directeur de l’institution, reste ainsi à 2,25%. Le taux des opérations principales de refinancement est toujours fixé à 2,40% et le taux de la facilité de prêt marginal à 2,65%.
Lors de sa réunion de politique monétaire de juin dernier, la BCE avait relevé de 25 points de base (0,25 point de pourcentage) ses trois taux directeurs, une première depuis septembre 2023. A l'époque, le taux de rémunération des dépôts atteignait 4%. Il s’agissait alors de la fin d’un cycle de resserrement monétaire après l’explosion des prix post-Covid. La BCE avait par la suite divisé par deux ses taux, de juin 2024 à juin 2025.
Rebond du pétrole
Les derniers chiffres de l’inflation dans la zone euro ont été plutôt rassurants. Les prix à la consommation ont crû de 2,8% sur un an le mois dernier, a confirmé Eurostat vendredi dernier. Selon l’agence européenne de la statistique, l’inflation dans la zone euro s’était établie à 3,2% en mai, 3% en avril et 2,6% en mars.
La situation reste cependant volatile. Alors que les prix du pétrole avaient baissé en juin à la suite d’un accord conclu entre l’Iran et les Etats-Unis, ils sont repartis largement à la hausse avec une nouvelle escalade dans le conflit depuis que le président américain Donald Trump a annoncé la fin du cessez-le-feu entre les deux pays le 8 juillet dernier.
«Les perspectives d'évolution des prix de l'énergie, bien que très volatiles, sont actuellement proches du scénario de référence des projections établies par les services de l’Eurosystème en juin et largement supérieures aux niveaux observés avant le début du conflit au Moyen-Orient. L’incertitude demeure élevée et l’incidence inflationniste du choc énergétique ne s’est pas encore totalement matérialisée. Le Conseil des gouverneurs surveille par conséquent de près l’intensité et la durée du choc ainsi que ses effets indirects et de second tour», a estimé la BCE dans un communiqué.
Comme à chaque réunion, le conseil des gouverneurs rappelle qu’il continuera à surveiller les données pour définir, réunion par réunion, l’orientation appropriée de la politique monétaire et ne s’engage pas à l’avance sur une trajectoire de taux particulière.
La prochaine réunion de politique monétaire de la BCE aura lieu les 9 et 10 septembre prochains.
Pour Mark Wall, chef économiste Europe chez Deutsche Bank, la pause décidée ce 23 juillet ne reflète pas le moindre doute de la part de la banque centrale. «Il s’agit d’une pause pendant laquelle la BCE met à jour ses prévisions et ses scénarios, avant de procéder à une nouvelle hausse en septembre. La seule question est la suivante : une hausse supplémentaire à 2,50% suffira-t-elle à retenir les risques d’inflation ? La réponse dépendra autant de la croissance que de l’inflation», estime-t-il.
A lire aussi : Les marchés se préparent à un discours ferme de la BCE
Plus d'articles du même thème
-
Le dollar accompagne la hausse du pétrole
Le billet vert peut régulièrement se recorréler au cours du pétrole, cette fois-ci davantage en lien avec les pressions inflationnistes aux Etats-Unis que pour son rôle de valeur refuge. Mais cette "recorrélation" avec le cycle monétaire n’est par définition pas forcément durable. Surtout si les autres banques centrales remontent aussi leurs taux. -
Le crédit résiste encore en zone euro
La croissance annuelle des prêts bancaires aux entreprises a très légèrement ralenti en août (+4,2% après +4,4% en juillet). Les chiffres restent inférieurs aux moyennes historiques, alors que les taux remontent assez fortement à court et moyen terme. -
L’inquiétante correction des marchés de taux
Les facteurs de risque s’enchaînent pour faire monter les taux longs un peu partout dans le monde. Et s’il est davantage question de désorientation du marché que de véritable krach obligataire, il reste difficile d’anticiper une inversion du mouvement.
ETF à la Une
Les secrets de la performance record d'un ETF sur le fret maritime
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Comptes publicsLa réponse à la « crise » du pouvoir d’achat est dans la croissance
La France paie les erreurs des politiques économiques depuis 30 ans. La faiblesse de la croissance ne permet pas une hausse des salaires suffisante pour soutenir le pouvoir d'achat -
Visite du pape en France : à Paris, 800 000 personnes ont assisté à sa messe place de la Concorde
Devant 700 000 personnes assistant à sa grande messe sur la place de la Concorde, samedi 26 septembre, Léon XIV a encouragé les chrétiens « à sans cesse rayonner et transmettre la vie, la paix et l’Amour de notre Seigneur bien-aimé, Jésus-Christ » -
Audio, optique, dentaire... comment la Sécurité sociale peut économiser quelques milliards d'euros
Un rapport des inspections générales des finances et des affaires sociales chiffre des scénarios de transferts de prise en charge entre l'Assurance maladie et les complémentaires santé