EDF au grand rendez-vous de ses résultats
Ce n’est pas qu’avec les analystes et la Bourse qu’EDF a rendez-vous demain pour ses résultats.
Compte tenu de ses enjeux historiques, c’est aussi aux salariés, à l’Etat et même aux Français qui ne le voient pas comme une entreprise comme les autres que l’électricien va s’adresser.
Les analystes attendent un profit net un peu supérieur à 4 milliards d’euros.
Et son excédent brut d’exploitation, indicateur de sa rentabilité récurrente avant frais financiers et amortissements, devrait être quasi-stable à plus de 17 milliards.
Or ces chiffres imposants ne doivent pas masquer la dégradation inquiétante de son modèle économique.
D’abord la détestable conjoncture énergétique pourrait lui valoir de lourdes dépréciations d’actifs.
Quant à la chute des tarifs de l’électricité qui viennent d’être libéralisés, elle pourrait lui coûter près d’un milliard et demi d’euros cette année.
Par ailleurs, la saga Areva n’en finit pas. EDF n’a toujours pas fait d’offre engageante sur l’activité réacteurs, valorisée 2,5 milliards, faute de garantie sur la conclusion du fameux risque finlandais.
De plus, deux énormes projets se profilent déjà :
- celui des centrales britanniques d’Hinkley Point, qui inquiète les salariés car son financement à 23 milliards d’euros n’est pas bouclé ;
- et « le grand carénage », qui vise à prolonger la vie des centrales nucléaires au-delà de 40 ans.
Son coût, évalué par EDF à 55 milliards d’ici 2025, est sujet à caution voire à polémique, la Cour des comptes l’évaluant à 100 milliards.
Dès lors, économies de coûts, cessions d’actifs et politique de dividende devront être précisés.
Car avec un cours à un plus bas historique de 10 euros, la défiance du marché est déjà à son comble.
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