Bolloré à l’épreuve des contenus
En cinq séances de bourse, depuis que le véto de l’autorité de la concurrence à l’accord Canal+-beIN Sports a paru probable puis acquis, le cours de Vivendi dépasse 7%.
Hier, l’annonce que Sky avait emporté les enchères des droits du foot allemand sur 4 ans pour 4,6 milliards, une somme faramineuse, a fait bondir de 3% le cours de la chaîne britannique.
Le marché rappelle qu’en matière de divertissement, le contenu demeure roi. Vincent Bolloré n’a pas de défi plus urgent à relever que celui-là.
Depuis le 1er janvier, depuis un an ou 3 ans, Vivendi sous-performe systématiquement par rapport à son indice de référence, le Stoxx 600 Media. Contre son rival Sky News, sa dévalorisation sur la période est plus nette encore.
C’est dire si sa stratégie reste mal comprise. Certes, la poussée de Canal en Afrique est prometteuse.
Et le rachat de Daily Motion, l’accord avec Mediaset en Italie, voire l’acquisition d’un contrôle de facto de Telecom Italia peuvent en soi se justifier.
Mais la prise de contrôle hostile de Gameloft voire demain d’Ubisoft, au risque d’une fuite des cerveaux, convainc peu surtout après la cession d’Activision.
Quant au ménage brutal chez Canal + en France, justifié pour des raisons de coûts, il ne s’est pas accompagné d’une refonte de la politique commerciale ni d’une relance des contenus.
C’est surtout vrai dans le sport pour le plus grand profit d’outsiders comme beIN Sports et Altice.
Or l’agonie des plages en clair et la complainte sur les pertes à venir et leurs effets possibles sur le financement du cinéma semblent trahir une tentation du repli.
Si l’avenir de Canal n’est qu’aux baisses de coûts sans sursaut dans les contenus, gare à l’évaporation de sa base d’abonnés!
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