Alstom, une explication de la gouvernance s’impose
L’histoire dira vite si l’exécutif sauvera ou non la production ferroviaire chez Alstom-Belfort.
Mais son activisme ne devrait pas dispenser les instances dirigeantes de l’entreprise de préciser, six jours après les faits, comment a été prise la décision de l’arrêter au sein de l’usine historique du groupe pour la transférer à Reichshoffen.
L’annonce a été faite mercredi après-midi aux représentants du personnel alors que le matin même, Alstom annonçait un accord avec la SNCF sur le TGV du futur et assurait officiellement que le site de Belfort était retenu pour les locomotives !
Depuis, la direction n’a donné aucune indication officielle, en dehors de l’explication du plan de charge insuffisant donnée aux représentants du personnel.
La clé de cette communication contradictoire, tout comme la façon dont la décision a été prise - par le Pdg lui-même, en comité exécutif ou en conseil d’administration – serait fort utile notamment pour comprendre les responsabilités de toutes les parties.
Y compris l’Etat puisqu’un administrateur le représente du fait de l’accord conclu par Arnaud Montebourg avec Bouygues sur le contrôle d’Alstom.
Un silence prolongé sur ce sujet majeur de gouvernance pourrait être très dommageable pour l’entreprise.
Car il mettrait les partenaires sociaux en porte-à-faux par rapport aux discours contradictoires de la direction.
Quant aux clients, le risque serait aussi de fragiliser leur confiance dans la parole du groupe.
Pourquoi les concurrents se priveraient-ils de les démarcher pour les convaincre qu’Alstom, capable de se contredire en 24 heures sur le site de production de ses locomotives, n’est pas fiable ?
En matière de gouvernance, le silence n’est pas toujours d’or.
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