Maria Luis Albuquerque pilotera les services financiers à Bruxelles
La nouvelle Commission européenne se dessine. Ce mardi, sa présidente Ursula von der Leyen a annoncé la nomination de Stéphane Séjourné en tant que vice-président exécutif pour la prospérité et la stratégie industrielle. Il aura également en charge l’industrie, les PME, le marché unique et «guidera les travaux pour mettre en place les conditions favorables pour que les entreprises puissent prospérer, de l’investissement et l’innovation à la stabilité économique et à la sécurité commerciale et économique», a indiqué la présidente. Comme prévu, Stéphane Séjourné succède à Thierry Breton comme représentant français à la Commission européenne, après la démission fracassante de ce dernier lundi.
Quatre commissaires seront rattachés à Stéphane Séjourné : Maros Sefcovic, au commerce et aux relations internationales, Valdis Dombrovskis, à la productivité et à la simplification, Maria Luis Albuquerque, aux services financiers et à l’Union pour l’investissement et l'épargne, et Ekaterina Zaharleva, également rattachée à la vice-présidente Henna Virkkunen, pour les start-up et la recherche.
Epargne «simple et low-cost»
Pour l’industrie financière, Maria Luis Albuquerque et ses services constitueront donc le nouvel interlocuteur de référence. La Portugaise succède à l’Irlandaise Mairead McGuinness. Economiste de formation, elle a travaillé au Trésor portugais puis a été ministre des Finances, au moment où le pays gérait les conséquences de la crise de la zone euro, avant de devenir députée de 2015 à 2019. Depuis 2022, Maria Luis Albuquerque a effectué un virage vers le privé, au sein du fonds d’investissement portugais Horizon Equity Partners, mais également comme administratrice de plusieurs entités de Morgan Stanley en Europe, selon le CV publié par la Commission.
L’ex-dirigeante politique pilotera désormais la Direction générale de la stabilité financière, des services financiers et de l’Union des marchés des capitaux, la fameuse «DG Fisma». Sa lettre de mission, publiée sur le site de la Commission, la charge de «développer une Union européenne de l'épargne et de l’investissement, y compris les marchés bancaires et de capitaux, pour faire levier sur l'énorme richesse de l'épargne privée». Un objectif dans la droite ligne des rapports Letta et Draghi publiés ces derniers mois en Europe.
La lettre évoque notamment la mise en place de produits d'épargne et d’investissement «simples et low-cost», au niveau de l’Union européenne. Parmi les autres tâches évoquées : maintenir la place de l’Europe en tant que leader de la finance durable, réfléchir à «des mesures d’absorption du risque» pour que les capitaux privés financent les start-up, relancer le serpent de mer d’une garantie européenne des dépôts bancaires (Edis), et faire sauter les barrières à la consolidation dans les infrastructures de marché. La relance de la titrisation figure également en bonne place, un sujet longuement abordé dans les rapports Draghi et Noyer en France, et pour lequel «la nouvelle Commission européenne pourrait très vite dévoiler des propositions», indique un régulateur bancaire à L’Agefi.
De 22% à 40%
La Commission compte au total six vice-présidents exécutifs, dont quatre femmes. L’Espagnole Teresa Ribera sera chargée d’une transition propre, juste et compétitive, la Finlandaise Henna Virkkunen obtient la souveraineté technologique, la sécurité et la démocratie, l’Estonienne Kaja Kallas est nommée haute représentante et vice-présidente, la Roumaine Roxana Mînzatu sera chargée des ressources humaines et des compétences et l’Italien Raffaele Fitto s’occupera de la cohésion et des réformes.
Le collège complet de 27 commissaires compte 40% de femmes. «Lorsque j’ai reçu la première série de nominations et de candidats, nous nous dirigions vers 22% de femmes et 78% d’hommes. C'était inacceptable. J’ai donc travaillé avec les Etats membres et nous avons pu améliorer l'équilibre à 40% de femmes et 60% d’hommes», a indiqué Ursula von der Leyen.
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