Londres reste ferme sur son rejet du protocole nord-irlandais post-Brexit
Les divergences entre Londres et Bruxelles restent «particulièrement profondes» dans les discussions sur l’Irlande du Nord, et le Royaume-Uni ne compte rien lâcher tant qu’il lui restera une marge de manoeuvre, a déclaré, mercredi à la Chambre des Lords, le ministre britannique chargé du Brexit, David Frost. Il évoque «des pistes qui n’ont pas encore été explorées sérieusement dans le cadre des discussions». A ses yeux, les avancées ne sont pas assez rapides malgré la reprise d’un dialogue.
Londres estime que les règles prévues par l’accord de Brexit pour éviter le rétablissement d’une frontière physique sur l’île d’Irlande contrarient les échanges de marchandises avec l’Irlande du Nord. Et David Frost a, une nouvelle fois, menacé de déclencher l’article 16 du protocole nord-irlandais qui permet à chacune des deux parties de prendre des mesures unilatérales.
Chargé des discussions avec Londres, le vice-président de la Commission européenne (CE) Maros Sefcovic a pour sa part évoqué des contacts «peu fructueux» mais qui devaient se poursuivre. Il y aurait aussi «un consensus parmi les membres de l’UE sur le fait qu’une telle initiative arbitraire et injustifiée de la part du Royaume-Uni serait accueillie par une réaction européenne claire», a indiqué un diplomate européen à l’issue de la réunion des ambassadeurs à Bruxelles. Certains ont évoqué le besoin d’une réaction «proportionnée» ou «dure», quitte à ce qu’elle ait un impact sur l’économie du bloc.
Le journal Times rapporte vendredi que David Frost a quand même tenu à souligner à Maros Sefcovic que, si le Royaume-Uni émet des réserves sur les propositions de la CE visant à réduire les contrôles sur les marchandises traversant entre la Grande-Bretagne et l’Irlande du Nord, celles-ci pourraient, moyennant des modifications, constituer la base d’un accord.
En attendant, avec la reprise du dialogue, la France, qui accuse la Grande-Bretagne de ne pas attribuer les licences prévues aux pêcheurs français, a suspendu la mise en place annoncée fin octobre de mesures de rétorsion, dont l’interdiction d’accès aux ports français pour les pêcheurs britanniques et un renforcement des contrôles frontaliers et sanitaires sur les marchandises en provenance de Grande-Bretagne.
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