L’inflation américaine tend les taux et fait tomber les Bourses
Encore une fois, l’indice des prix à la consommation (CPI) aux Etats-Unis publié ce jeudi après midi par le Département du travail (US Bureau of Labor Statistics, BLS) a surpris les prévisionnistes en s’affichant en hausse de 0,4% en rythme mensuel en septembre, après 0,1% en août, et de 8,2% en rythme annuel, après 8,3% en août. Les économistes interrogés pour les consensus prévoyaient en moyenne +0,2% et +8,1%.
Alors que les prix de l’énergie ont calé de -2,1% en rythme mensuel (après -5% en août) pour aboutir à 19,8% en rythme annuel, ce sont les prix de l’alimentation (+0,8% sur un mois et +11,2% sur un an) et surtout l’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) qui ont pris le relais. Cette dernière (inflation «core») progresse encore de 0,6% sur un mois, comme en août, alors que le consensus prévoyait une hausse de 0,5%, et de 6,6% sur un an, après un gain de 6,3% en août.
Les postes qui continuent le plus à contribuer à ces hausses portent sur les services de transports (+1,9% en rythme mensuel en septembre après +0,5% en août), les services de santé (+1% après +0,8%), et toujours les voitures neuves (+0,7% après +0,8%) ainsi que le logement (+0,7% comme en août).
Hausse de taux
Avec cette surprise, les probabilités de hausses de taux de la Fed anticipées par les marchés de swaps et de futures ont été renforcées (de 85% à 97%) pour un relèvement de 75 points de base (pb) de 3,25% à 4% (haut de fourchette) le 2 novembre prochain. Mais surtout, le taux terminal de la Fed qui était encore anticipé autour de 4,65% entre mars et juin 2023 mercredi – avant une possible légère baisse au deuxième semestre – est désormais passé à 4,92%…
Sur le marché des taux, le rendement de l’emprunt américain à 10 ans prend 13 pb et repasse au-dessus de 4%, à 4,02%. Les maturités plus courtes se tendent plus nettement. Le rendement de l’emprunt à 2 ans bondit de 22 pb, à 4,51%.
A Wall Street, les indices boursiers ont ouvert en net repli. Vers 16h, le Nasdaq plongeait de 2% et le S&P 500 reculait de 1,3%. Les Bourses européennes sont brusquement tombées dans le rouge à 14h30 avant de se reprendre progressivement.
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Israël poursuit ses frappes au Liban, qui ont fait au moins 380 morts depuis la trêve
Beyrouth - L’armée israélienne a poursuivi mardi ses frappes au Liban, tuant dans le sud 13 personnes, qui viennent s’ajouter aux 380 morts depuis l’instauration du cessez-le-feu le 17 avril, selon les autorités. Alors que le Liban se prépare à de nouvelles négociations avec Israël jeudi à Washington, le chef du Hezbollah pro-iranien, qui s’y oppose fermement, a affirmé que le désarmement de sa formation ne faisait pas partie des discussions et a promis de transformer «en enfer» la bataille avec l’armée israélienne. Celle-ci a indiqué avoir conduit une opération dans la zone du fleuve Litani et a mené mardi une frappe ayant tué deux secouristes à Nabatiyé (sud), où ils effectuaient une intervention, a annoncé la Défense civile. Le ministère de la Santé a confirmé la mort des deux secouristes qu’il a inclus dans un bilan de 13 morts, dont un soldat et un enfant, dans des frappes israéliennes ayant visé trois localités dans le sud du pays. «Une frappe sur la ville de Nabatiyé a fait cinq (morts) dont deux secouristes de la Défense civile et deux blessés», une autre dans la localité de Jebchit a fait quatre morts «dont un soldat et un ressortissant syrien», et douze blessés, et une troisième à Bint Jbeil a tué «quatre citoyens dont un enfant et une femme», et blessé deux autres, a indiqué le ministère. «Depuis le cessez-le-feu, 380 personnes ont été tuées et 1.122 blessées», a annoncé plus tôt le ministre de la Santé, Rakan Nassereddine, faisant état de 108 personnels de santé et secouristes tués depuis le début de la guerre. Plus de quatre enfants ont été tués ou blessés chaque jour en moyenne durant les 25 premiers jours de la trêve, a indiqué l’ONG Save The Children. Au total, les frappes israéliennes ont tué 2.882 personnes depuis le début de la guerre, dont 200 enfants, selon le ministère de la Santé. D’après le Hezbollah, ce bilan inclut ses membres tués. Le mouvement chiite a entraîné le Liban dans la guerre régionale en attaquant Israël pour venger la mort du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, tué au premier jour de l’offensive israélo-américaine contre Téhéran, le 28 février. Israël a répondu en menant des frappes massives et une opération terrestre dans le sud. «Nous ne nous rendrons pas» Beyrouth a demandé aux Etats-Unis de faire pression sur leur allié israélien pour qu’il mette fin à ses frappes. Le Hezbollah a revendiqué de nouvelles attaques contre des positions militaires israéliennes, y compris en Israël, aux frontières avec le Liban. «Nous ne nous rendrons pas», a affirmé le chef de l’organisation, Naïm Qassem. «Les armes et la résistance ne concernent personne hors du Liban (...) C’est une question libanaise intérieure qui ne fait pas partie des négociations avec l’ennemi», a-t-il ajouté. Dans un communiqué annonçant la reprise des négociations jeudi, le département d’Etat américain avait affirmé que la paix entre le Liban et Israël «dépendait du rétablissement complet de l’autorité de l’Etat libanais (sur son territoire) et du désarmement total du Hezbollah». Washington fait pression pour que les discussions aboutissent à un accord de paix, alors que Beyrouth veut d’abord consolider le cessez-le-feu et obtenir le retrait d’Israël du Liban. Après l’entrée en vigueur de la trêve, l’armée israélienne a établi en territoire libanais une «ligne jaune» à une dizaine de km de la frontière. Elle a indiqué mardi qu’au cours de la semaine écoulée, ses soldats avaient mené une «opération spéciale visant à retirer des infrastructures terroristes dans la zone du Litani». Interrogée par le bureau de l’AFP à Jérusalem, l’armée israélienne a indiqué ne pas pouvoir confirmer si les soldats avaient franchi le fleuve Litani, à une trentaine de km de la frontière, mais a publié des photos montrant des soldats marchant sur un pont le traversant. © Agence France-Presse