L’Etat détient plus de 90% du capital dilué d’EDF
C’est fait, ou presque. Le 20 janvier dans la soirée, l’Etat a annoncé avoir franchi le seuil des 90% du capital dilué d’EDF dans le cadre de l’OPA qu’il a lancé sur l'électricien. Après plusieurs jours poussifs et moins de 15 millions d’actions acquises depuis le début de l’année, la puissance publique en a en effet récupéré 6,6 millions supplémentaires sur la seule journée du 19 janvier. Un mouvement qui lui a permis de monter à 89,39% du capital sur la base d’un peu plus de 3,887 milliards de titres, sachant qu’il détient déjà plus de 90% des droits de vote depuis plusieurs semaines.
Surtout, ces acquisitions ont fait grimper la participation du gouvernement au-dessus du niveau de 90% des actions sur une base totalement diluée, c’est à dire y compris les titres qui pourraient être créés via la conversion des plus de 219 millions d’obligations convertibles (océanes) de l’entreprise en circulation. Celles-ci donnent chacune droit à 1,289 action nouvelles et/ou existantes et la puissance publique, agissant via l’Agence des participations de l’Etat et Bpifrance, en détient plus de 215 millions. Dans ces conditions, le ministère de l’Economie a indiqué dans un communiqué que «l’Etat sera en mesure, à l’issue de l’offre, de procéder à la mise en œuvre du retrait obligatoire sur les actions EDF dès lors qu’il convertira les océanes EDF déjà en sa possession».
Encore des incertitudes
Cette annonce ne signifie pas pour autant que la partie est entièrement gagnée pour le gouvernement. Il doit encore attendre plusieurs échéances judiciaires avant de pouvoir monter à 100% d’EDF et notamment que l’AMF dévoile une date de clôture pour l’OPA après l’avoir prorogée en raison du recours déposé par des actionnaires minoritaires devant la cour d’appel de Paris. L’Autorité devrait communiquer un nouveau calendrier dès que le premier président de la cour se sera prononcé sur une demande de sursis à l’exécution de la clôture de l’offre. Une décision attendue dans les prochains jours qui pourrait néanmoins ne pas être suffisante même si elle est favorable à l’Etat. Le retrait obligatoire ne devrait en effet pas être mis en œuvre avant le verdict de la cour d’appel sur la décision de conformité de l’AMF, attendu, lui, pour la fin mars. Parallèlement, le projet de loi de députés du parti socialiste visant une nationalisation d’EDF à 14 euros par action sera examiné par l’Assemblée nationale le 9 février.
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