Des minoritaires d’EDF font appel du feu vert de l’AMF à l’OPA de l’Etat
La présidente de l’AMF s’y attendait, les minoritaires d’EDF ne l’ont pas déçue. Les actionnaires salariés d’EDF (le FCPE Actions EDF et Energie en actions) et Colette Neuville, au nom de l’Association pour la défense des actionnaires minoritaires (Adam) et d’actionnaires individuels, ont déposé un recours conjoint devant la cour d’appel de Paris contre la décision de conformité de l’AMF sur l’OPA simplifiée de l’Etat sur EDF. Conformément à la réglementation, le recours devait être déposé dans les dix jours calendaires suivant la publication de l’avis de conformité, soit au plus tard le samedi 3 décembre 2022. En revanche, les fonds américains représentés par Sophie Vermeille ont jeté l’éponge et n’ont pas intenté de recours.
En attendant, la période d’offre se poursuit. Les minoritaires d’EDF ont jusqu’au jeudi 22 décembreinclus pour apporter leurs titres à l’OPA. Selon la dernière déclaration d’achats de titres publiée sur le site de l’AMF, l’Etat détenait le 1er décembre 85,66% du capital et 90,41% des droits de vote d’EDF. Dans l’avis de déclaration, l’AMF rappelle que la mise en œuvre du retrait obligatoire, souhaité par l’Etat, ne sera possible que s’il détient au moins 90% du capital et des droits de vote d’EDF. Les deux seuils devront être atteints. Entre le 24 novembre et le 1er décembre, soit six jours de Bourse, l’Etat a acquis 1,97% du capital. Au même rythme d’acquisition, il parviendrait à dépasser les 90% du capital… s’il trouve des vendeurs en face. L’Etat détenait aussi le 1er décembre 91,86% des Oceanes en circulation.
Parallèlement, les actionnaires salariés ont déposé un autre recours auprès du tribunal de commerce de Paris demandant l’annulation duconseil d’administration d’EDF du 27 octobre 2022. Une audience de procédure se tient ce lundi 5 décembre, dans l’espoir d’une audience au fonds avant la fin de l’année.
Une autre inconnue subsiste, l’éventuel dépôt d’une proposition de loi de nationalisation d’EDF par le député Philippe Brun, auteur d’un rapport spécials’inquiétant notamment du risque de démantèlement du groupe. Si en soi ce dépôt n’interférerait pas dans l’offre en cours, il mettrait l’Etat en difficulté. Notamment pour la mise en œuvre du retrait obligatoire, si le seuil de 90% du capital est atteint. En attendant un nouveau rebondissement…
Plus d'articles du même thème
-
Couche-Tard va racheter le distributeur polonais Zabka pour 7,6 milliards d'euros
Un an après avoir renoncé au japonais Seven & i, le distributeur québécois lance une offre publique volontaire sur la totalité du capital de Zabka, premier réseau de magasins de proximité polonais, valorisé 32,62 milliards de zlotys. -
Les foncières Argan et WDP fusionnent pour créer un spécialiste européen de la logistique
L'opération amicale prend la forme d'un échange de titres. Les actionnaires d'Argan toucheront un dividende exceptionnel et WDP devrait rejoindre la Bourse de Paris. Le nouvel ensemble affichera près de 13 milliards d'euros de patrimoine. -
L’AMF aura le dernier mot dans le dossier Gaumont
L’expert indépendant vient de donner son attestation d’équité sur le prix de l’offre publique de retrait à 100 euros par action, bien en deçà des attentes des minoritaires. Le visa du régulateur est attendu le 23 septembre.
ETF à la Une
Fineco AM lance trois ETF Ucits avec Amundi
- La Société Générale affiche une forme olympique avant un nouveau plan à trois ans
- L’IA irrigue la croissance des entreprises du CAC 40
- Boeing obtient enfin un précieux sésame sur le 737 Max
- Xavier Niel entre au capital d'Edenred
- Citadel vole au secours d'un concurrent mis au tapis par la correction de la tech
Contenu de nos partenaires
-
PénuriesEnergie, agriculture, transport : comment la sécheresse dérègle l’économie européenne
Les vagues de chaleur à répétition ont asséché les sols et les fleuves européens, mettant à rude épreuve les infrastructures, les travailleurs, les plantes et les animaux -
« Cette campagne va être d’un niveau de manipulation inouï » : Gabriel Attal à son tour ciblé par la désinformation russe
Après Raphaël Glucksmann et Edouard Philippe, c'est au tour du candidat Renaissance d'être visé par une manipulation russe sur la plateforme X -
EXCLUSIF« Les critiques contre X sont le fait d’une frange opposée à la liberté d’expression »
Le patron de X France dénonce une hostilité particulière en France contre le réseau social détenu par Elon Musk, visé par une enquête judiciaire, et défend les efforts de modération et de transparence de la plateforme