Ces informations, qui pourraient être précisées mercredi par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, lors de son discours sur l’état de l’Union ne semblent pour le moment pas inquiéter les investisseurs. Depuis début septembre, les pétroliers affichent une parfaite sérénité en Bourse. Sur la période, l’action BP a gagné 4%, Eni 0,5%, Shell 2% et TotalEnergies a perdu à peine 1%.
Le raffinage dans le viseur
Quelle que soit la mesure mise en œuvre par l’Europe, elle a en effet peu de chance d’avoir un impact majeur sur les comptes de ces entreprises qui réalisent l’essentiel de leurs bénéfices dans la production d’hydrocarbures en dehors de l’Union européenne. Selon son calibrage, elle ne devrait pas pour autant être totalement anecdotique. Profitant de l’explosion des marges de raffinage, les pétroliers ont vu leurs résultats dans le secteur s’envoler. Or, pour le coup, une bonne partie de ces gains est enregistrée dans l’UE. TotalEnergies a ainsi vu le profit opérationnel net ajusté de son pôle raffinage-chimie multiplié par cinq au premier semestre 2022, à 3,9 milliards de dollars (et autant d’euros), et plus des deux tiers de ses capacités de raffinage se situent en Europe de l’Ouest. BP et Shell affichent des performances du même ordre dans ces activités et comptent plusieurs raffineries européennes qui représentent environ 50% de leurs capacités totales de raffinage. Le pôle «raffinage et marketing» d’Eni a pour sa part engrangé 1 milliard d’euros de profits opérationnels après une perte de 171 millions d’euros au premier semestre 2021.
La possible mise à contribution des raffineurs risque surtout de pénaliser des «pure players» du secteur comme Esso et Saras. Après une envolée de 340% depuis le début de l’année, l’action de la filiale d’ExxonMobil commence ainsi à montrer des signes de fébrilité. Elle a perdu 6% le 7 septembre et presque autant six jours plus tard. L’italien Saras abandonne de son coté 12% depuis début septembre après une flambée de 120% en huit mois.
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