Les marchés clôturent un premier semestre noir
La dernière séance de la première partie de l’année aura été à l’image du semestre, dans le rouge. Jeudi, les craintes de récessionont encore fait basculer les marchés actionstandis que les marchés de taux profitaient d’un mouvement de fuite vers la qualité.
Après l’Asie, l’Europe boursière a de nouveau corrigé tandis que Wall Street évoluait également dans le rouge. L’indice Euro Stoxx 50 a cédé 1,7%. A Paris, l’indice CAC 40 a abandonné 1,8%. Le Dax a perdu 1,7% mais après avoir chuté de 3% en séance. A Wall Street, l’indice S&P 500 a baissé de 0,75% tandis que le Nasdaq, à forte composante en valeurs technologiques et de croissance, a cédé 1,3%.
Sur les marchés de taux, le rendement des emprunts d’Etat ont chuté, signe que les investisseurs privilégient le caractère refuge de ces actifs face au risque de récession malgréles craintes sur l’inflation et le resserrement des politiques monétaires. Le rendement des Treasuries américains à 10 ans a reculé de 9 points de base (pb), à 3,01%, après être repassé sous 3% en séance. Celui-ci a culminé à 3,5% début juin. En Europe, le rendement du Bund 10 ans a chuté de 18 pb, à 1,33%, tandis que celui de l’OAT 10 ans a baissé de 15 pb, à 1,91%.
Les déclarations des dirigeants de banques centrales mercredi à Sintra sur le risque de voir leur lutte contre l’inflationétouffer la croissance ont continué de peser sur le moral des opérateurs. La publication d’une progression inférieure aux attentes des dépenses de consommation aux Etats-Unis, qui représentent deux tiers du produit intérieur brut (PIB), ont conforté l’idée que l’inflation élevée et le resserrement monétaire agressif de la Réserve fédérale américaine, dont la priorité est désormais la lutte contre l’inflation, risquent de provoquer une récession dans les prochains trimestres. La croissance des dépenses de consommation a ralenti à 0,2% en mai, alors que les ventes d’automobiles sont à la traîne et que les prix élevés commencent à affecter les décisions d’achat des ménages américains. Par ailleurs, une mesure de l’inflation très suivie par la Fed, le core PCE (personal consumption expenditure price index) est ressorti à +4,7% contre +4,9% en avril rythme annuel.
Réallocations
La dernière séance du semestre a également pu être affectée par les réallocations des investisseurs, après le pire début d’année depuis des décennies. Aucune classe d’actifs n’a échappé à la correction au premier semestrehormis l’énergie (le pétrole et le gaz ont bénéficié de la guerre en Ukraine). Sur les marchés de taux, le souverain comme le crédit affichent des pertes de plus de 10%, avec une volatilité historiquement élevée en raison des atermoiements des banques centrales. Un choc massif pour une classe d’actifs censée être peu volatile.
Sur les marchés actions, il faut remontrer aux années 1970 pour voir des mouvements aussi marqués au premier semestre, voire le début des années 1960 pour l’indice Dow Jones qui cède près de 15% depuis janvier. Le S&P 500 abandonne 20,5% tandis que le Nasdaq enregistre sa pire performance historique entre janvier et juin avec une chute de 29,5%. L’indice MSCI Monde enregistre également sa pire performance en baisse de plus de 20%. En Europe, l’Euro Stoxx 50 perd 19,6%, le CAC 40 17,2%, le Dax 19,5% et le FTSE MIB 22,1%.
Les craintes de récession ont aussi pesé sur les métaux de base, très sensibles à la conjoncture. Le cuivre affiche ainsi sa pire baisse depuis 2011 au deuxième trimestre. Le contrat 3 mois sur le London Metal Exchange (LME) chute de 20,3% (-19,8% au premier trimestre 2020). Les autres métaux ont également chuté entre 20 et 40% sur le trimestre.
Les secteurs les plus sensibles à la conjoncture et à la hausse des taux ont été les plus touchés par la correction sur les marchés actions. En Europe, la distribution ferme la marche avec une chute de 36,6% depuis janvier. La technologie et l’immobilier perdent 32,4% et 31,6% respectivement. Les industrielles reculent de 27,2%. Seul secteur en hausse, l’énergie gagne 12,6%. Jeudi, les valeurs automobiles étaient particulièrement à la peine. Les banques faisaient également partie des valeurs délaissées par les investisseurs en Europe alors que la Banque centrale européenne (BCE) va demander aux banques de la zone euro de prendre en compte le risque d’une récession dans leurs prévisions, estimations qu’elle utilisera pour approuver ou non leurs propositions en matière de dividendes. La crainte de récession n’épargne aucun secteur.
Plus d'articles du même thème
-
Le pétrole et les semi-conducteurs ont guidé les marchés au deuxième trimestre
Le baril de brut a quasiment effacé le choc à la hausse de mars, après l’accord signé entre l’Iran et les Etats-Unis, reléguant au second plan les craintes de stagflation et prolongeant la bonne tenue des marchés, malgré les interrogations sur le boom de l’IA. -
Les mines d’or digèrent leur encombrant passé
Les actions des minières aurifères ont nettement progressé mais elles restent en retard par rapport au parcours de l’once d’or et ne prennent pas en compte la transformation du secteur dans leur valorisation. Il faudra encore un peu de temps pour que les investisseurs en tiennent compte. -
Les cinq motifs d’inquiétude sur la bulle IA
Les valeurs technologiques ont connu une nouvelle semaine difficile, notamment les semi-conducteurs en Corée. Elles restent néanmoins à des niveaux élevés et beaucoup d’investisseurs misent toujours sur le secteur. Mais les défis s’accumulent.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
- Schneider Electric, Saint-Gobain, L'Oréal : trois modèles d'ambitions du CAC 40 en Inde
- La finance italienne pourrait perdre l'un de ses principaux investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Petite mortCastex, Barnier, Braun-Pivet, ... que c'est dur de renoncer à être candidat !
Mercredi, le président-directeur général de la SNCF, Jean Castex a affirmé qu'il n'était pas candidat, enfin pour le moment. Ils sont plusieurs comme lui à ne pas vouloir fermer la porte -
Coût du travail, multinationales, industrie… Les délocalisations ne ralentissent pas, alerte l’Insee
Entre 2021 et 2023, en France, entre 7 500 et 13 000 postes ont été directement supprimés à la suite de délocalisations, annonce l’Insee -
Italie : la droite veut assouplir les règles sur la chasse
Le gouvernement de Giorgia Meloni, qui souhaite ainsi cajoler un électorat rural et vieillissant, pousse une réforme controversée de la chasse, sous la surveillance de Bruxelles