Les indices PMI européens confirment la reprise
L’économie confirme sa résilience, éloignant le risque de récession à court terme. En Europe, les dernières enquêtes PMI auprès des directeurs d’achats de février montrent une activité en expansion pour le deuxième mois consécutif, les entreprises se montrant plus optimistes grâce à la baisse des prix de l’énergie et une augmentation de leurs carnets de commandes. Le secteur des services, le plus important dans les économies développées, poursuit son accélération.
L’activité atteint son rythme de croissance le plus élevé en huit mois dans la zone euro. L’indice PMI S&P Global composite (qui regroupe les secteurs manufacturier et des services) progresse à 52 contre 50,3 en janvier, selon les données définitives publiées vendredi. Il s’agit du deuxième mois consécutif d’expansion après que l’activité a atteint un creux en décembre. Le secteur des services accélère nettement, l’indice PMI revenant à 52,7 - là aussi un pic de huit mois - après 50,8 en janvier. Le sous-indice des nouvelles commandes a rebondi de 50,1 à 52,2.
Bond de la France
Le net rebond des services en France, qui sort de la zone de contraction, contribue grandement à cette forte croissance. L’indice PMI a progressé à 53,1, un plus haut depuis juillet, après 49,4 en janvier. Le PMI composite a lui aussi augmenté, à 51,7 après 49,1. Les économistes de S&P soulignant la résilience de la consommation des ménages et la reprise des dépenses des entreprises.
La croissance est moins vigoureuse en Allemagne même si elle a légèrement accéléré en février. L’indice PMI des services est revenu à 50,9 après 50,7 en janvier. L’indice PMI composite a augmenté à 50,7 après 49,9.
Les statistiques du commerce extérieur allemand confirment vendredi la reprise de l’activité, selon les données publiées par Destatis l’Office fédéral de la statistique. Les exportations ont augmenté plus que prévu en janvier, progressant de 2,1% par rapport à décembre, contre une anticipation de +1,5% selon le consensus des économistes établi par Reuters. La forte augmentation des échanges vers les Etats-Unis et vers la Grande-Bretagne y a fortement contribué. Les exportations vers les États-Unis ont augmenté de 3,1% et celles vers la Grande-Bretagne de 7,8%. A noter que les exportations vers la Russie ont augmenté de 12,3%. Les importations ont diminué de 3,4% (2% attendus).
Malgré cette reprise, les économistes de S&P se demandent si cela suffira à éviter une récession technique dans la première économie de la zone euro.
Au Royaume-Uni aussi la baisse des prix de l’énergie profite au secteur des services. L’indice PMI S&P global/CIPS a progressé à 53,5 en février, au plus haut depuis juin, contre 48,7 le mois précédent. L’indice composite est désormais à 53,1 contre 48,5 en janvier. L’enquête montre que le volume des nouvelles commandes a augmenté au rythme le plus élevé depuis mai, grâce au rebond des exportations et une demande plus forte en Europe occidentale et aux Etats-Unis. Mais l’augmentation des coûts d’emprunt et les difficultés financières des ménages ont continué à limiter la croissance.
A lire aussi : L’inflation dans la zone euro met la pression sur la BCE
La confirmation de la bonne tenue de l’économie éloigne certes le spectre de la récession mais complique aussi la tâche des banquiers centraux. Le risque désormais est celui d’une inflation restant élevée plus longtemps, la partie inerte de l’inflation des services étant plus difficile à faire diminuer. Ce qu’ont montré les dernières publications. Les marchés ont nettement ajusté leurs anticipations d’inflation et de hausse des taux des banques centrales ces dernières semaines. Le marché de taux s’est ajusté mais pas les actions, la résistance de l’économie étant favorable aux entreprises et à leur croissance bénéficiaire.
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