Les Etats-Unis tombent une nouvelle fois dans une situation de «shutdown»

Faute d’accord au Sénat sur le budget, de nombreuses administrations américaines sont contraintes de fermer. Le dernier «shutdown» avait eu lieu en 2018, déjà sous Donald Trump.
Washington Capitole Congrès américain Etats-Unis chambre des représentants et Sénat sénateurs
Le Capitole, building du Congrès à Washington, abrite la Chambre des représentants et le Sénat américains  -  Crédit Fotolia.

Le gouvernement américain a fermé une grande partie de ses activités mercredi, en raison de profondes divisions partisanes qui ont empêché le Congrès et la Maison-Blanche de parvenir à un accord sur le financement, déclenchant ce qui pourrait être une longue et éprouvante impasse, susceptible d’entraîner la suppression de milliers d’emplois fédéraux.

Aucune issue claire ne se dessine pour sortir de cette situation, tandis que les agences gouvernementales ont averti que cette 15ᵉ fermeture partielle depuis 1981, et la première depuis 2018, retarderait la publication d’un rapport très attendu sur l’emploi en septembre, ralentirait le trafic aérien, suspendrait les recherches scientifiques, retarderait le paiement des soldats américains et entraînerait la mise en chômage technique de 750.000 fonctionnaires, à un coût quotidien de 400 millions de dollars.

Donald Trump, dont la campagne visant à transformer radicalement le gouvernement fédéral est déjà sur le point d’écarter quelque 300.000 employés d’ici décembre, a prévenu les démocrates du Congrès qu’une fermeture pourrait ouvrir la voie à des actions «irréversibles», comme la suppression de davantage d’emplois et de programmes.

La fermeture a commencé quelques heures après que le Sénat a rejeté une mesure de financement provisoire qui aurait permis de maintenir les opérations gouvernementales jusqu’au 21 novembre. Les démocrates se sont opposés à ce texte en raison du refus des républicains d’y inclure une prolongation des prestations de santé pour des millions d’Américains, qui doivent expirer à la fin de l’année. Les républicains estiment que cette question doit être traitée séparément.

A lire aussi: Le nouveau budget américain creuse encore les déficits

Le cœur du problème concerne les 1.700 milliards de dollars alloués au fonctionnement des agences, soit environ un quart du budget total de 7.000 milliards de dollars du gouvernement. Une grande partie du reste est consacrée aux programmes de santé et de retraite, ainsi qu’au paiement des intérêts sur la dette croissante de 37.500 milliards de dollars.

Des analystes indépendants mettent en garde contre une fermeture plus longue que les précédentes, Donald Trump et ses responsables menaçant de sanctionner les démocrates par des coupes dans les programmes gouvernementaux et la masse salariale fédérale.

Les marchés réagissent avec prudence

En réaction à cette situation, le cours de l’or a touché un nouveau record mercredi matin, à 3.875 dollars l’once, et les contrats futurs sur les grands indices américains étaient légèrement dans le rouge. «Historiquement, les marchés ont plutôt bien encaissé les shutdown», rappelle Jim Reid, stratégiste chez Deutsche Bank, dans une note publiée mercredi matin. «Le S&P 500 a progressé lors des 6 dernières fermetures, et les rendements des obligations d’État à 10 ans ont diminué lors des 5 dernières. Il est clair que d’autres facteurs étaient également en jeu durant ces périodes, mais cela montre qu’en ce qui concerne les marchés, la tendance habituelle est de relativiser l’impact de ces événements», indique-t-il.

La plus longue fermeture de l’histoire des États-Unis avait duré 35 jours, entre décembre 2018 et janvier 2019, lors du premier mandat de Donald Trump, dans un conflit sur la sécurité aux frontières.

«Tout ce qu’ils veulent faire, c’est essayer de nous intimider. Et ils n’y parviendront pas», a déclaré le chef des démocrates au Sénat, Chuck Schumer, lors d’un discours prononcé un jour après une réunion à la Maison-Blanche avec Donald Trump et d’autres dirigeants du Congrès, qui s’est terminée sans accord entre les deux partis.

Le chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, a décrit le projet de loi de financement provisoire rejeté comme une mesure «non partisane», dépourvue des cavaliers législatifs partisans que les démocrates ont acceptés sans problème par le passé. «Ce qui a changé, c’est que Donald Trump est à la Maison-Blanche. C’est de cela qu’il s’agit. C’est de la politique. Et il n’y a aucune raison substantielle pour qu’il y ait une fermeture du gouvernement», a-t-il déclaré aux journalistes.

(Avec Reuters)

A lire aussi: Les sceptiques donnent de la voix face au budget de Donald Trump

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...