Les Bourses plongent encore, le taux 10 ans italien dépasse 4%
La correction s’amplifie ce lundi sur l’ensemble des marchés, avec une nouvelle envolée des taux, notamment italiens, et une chute des actions, alors que les investisseurs anticipent des banques centrales plus agressives et que la Chine est contrainte à de nouvelles mesures de confinement face au Covid-19.
En baisse d’environ 2% une bonne partie de la journée, les places boursières européennes ont creusé leurs pertes dans l’après-midi, dans le sillage de Wall Street. L’indice Euro Stoxx 50 cédait 2,8% vers 17h. A Paris, le CAC 40 reculait de 2,8%, non loin du seuil des 6.000 points. A Francfort, l’indice Dax abandonnait 2,7%. A New York, le S&P 500 chutait de 3,5%, basculant en marché baissier (bear market - baisse de plus de 20% depuis le plus haut historique), et le Nasdaq 100 plongeait de 4%.
Hausse des taux
Sur les marchés de taux, les rendements des emprunts d’Etat continuent de se tendre. Le rendement des emprunts d’Etat américains à 2 ans progresse de 16 points de base (pb) à 3,20% et celui du Treasuries 10 ans de 13 pb, à 3,29%.
Dans la zone euro, la dette italienne est en pleine tourmente, le marché semblant tester la capacité de la Banque centrale européenne (BCE) à augmenter à la fois ses taux et à faire face au risque de fragmentation. Le rendement du BTP 10 ans s’envole de 23 pb, à 4,08%. Le spread avec le Bund de même maturité (qui progresse de 11 pb, à 1,61%) continue de s’écarter à 247 pb. Le taux 10 ans français avance de 13 pb, à 2,22%, également affecté par le résultat du premier tour des législatives en France.
Les opérateurs ont nettement augmenté leurs anticipations de hausses des taux des banques centrales après l’annonce vendredi d’une inflation en augmentation et supérieure aux attentes à 8,6% en mai sur un an aux Etats-Unis. La probabilité d’une hausse de 75 pb du taux des Fed funds lors de la réunion cette semaine de la Fed a augmenté. Un tel mouvement est presque totalement intégré dans les prix sur le marché monétaire pour la réunion de juillet.
Pression sur la BCE
Le marché anticipe également un mouvement plus agressif de la BCE de l’ordre de 50 pb lors de sa prochaine réunion, alors que ses dirigeants semblent plutôt s’acheminer vers une première hausse de 25 pb. Mais les prochaines données d’inflation pourraient mettre davantage la pression.
Autre victime de ces évolutions rapides des anticipations de politique monétaire, le yen est passé ce matin sous la barre des 135 pour un dollar, un plus bas depuis 24 ans, alors que la politique accommodante de la Banque du Japon se distingue clairement de l’accélération des hausses de taux des autres grandes banques centrales.
Plus d'articles du même thème
-
La hausse des taux efface la performance positive des dettes émergentes
La fin du troisième trimestre a été clairement négative pour les dettes émergentes qui ont été rattrapées par l’envolée des taux mondiaux. Elles conservent néanmoins leur avance en relatif par rapport aux marchés avancés, les éléments favorables qui ont porté la classe d’actifs restant intacts. -
De plus en plus d’entreprises françaises se financent moins cher que l’Etat
Près de 40% du stock d’obligations investment grade émises par les corporate tricolores affichent des rendements inférieurs à ceux des OAT sur les maturités moyennes et longues. Un changement majeur depuis la flambée du spread OAT-Bund. Mais le phénomène n’est pas nouveau en Europe. -
Aberdeen réduit presque de moitié sa participation dans Standard Life
La société de gestion écossaise conservera 5,2% du capital de l'assureur.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
Le marché européen des ETF engrange 127 milliards d’euros au troisième trimestre 2026
Contenu de nos partenaires
-
Les 3 000 professeurs remplaçants promis par Edouard Geffray vont-ils calmer la colère lycéenne ?
La mesure annoncée par le ministre de l’Education jeudi répond à une partie des revendications des lycéens mais suscite l’incompréhension à gauche -
Chemin minéLes deux Etats qui pourraient faire capoter la course des Démocrates pour le Sénat
Les démocrates ont le vent en poupe à travers tout le pays, et menacent des sièges de sénateurs jusque dans des Etats très conservateurs. Mais ces gains compteront peu si les libéraux perdent dans le Michigan ou le Maine, plus accessibles sur le papier, mais où leurs candidats peinent à se démarquer. -
Troisième acteRetraite progressive : le seul âge qui n'a pas bougé, c'est 60 ans
Chaque semaine, avec l’Opinion, retrouvez les conseils d’Emmanuel Grimaud, président de Maximis et expert en gestion des fins de carrière pour mieux gérer votre troisième partie de vie professionnelle