Les achats de pétrole russe deviennent très avantageux
Les exportations russes de pétrole brut par voie maritime ont atteint un sommet depuis quelques semaines et le rouble est revenu à des plus hauts depuis quatre ans et demi. Cela s’explique par les importantes remises que ses opérateurs proposent aux clients asiatiques pour acheter les barils que l’Europe a refusés avant même la mise en place de son embargo – on parle de 4 millions de barils/jour (mbj) reroutés vers l’Asie assez rapidement.
Le 2 juin, l’Union européenne (UE) a adopté un nouvel ensemble de sanctions contre la Russie, dont l’interdiction d’achat de pétrole brut par voie maritime à partir du 5 décembre prochain. La Pologne et l’Allemagne s’étaient déjà engagées à mettre fin à leurs importations de pétrole russe par ce canal, même sans interdiction de l’UE. Ce qui permettra de réduire les livraisons vers l’Europe d’environ 90% par rapport au niveau de 2021 (4,8 mbj), et pourrait encore faire diminuer les prix sur le pétrole en provenance de l’Oural, déjà 30 dollars/baril moins cher que le pétrole Brent européen (voir graphique).
En positivant, l’UE pourra toujours se dire que, outre les acheteurs asiatiques, ce sont les pays encore reliés au système de pipeline de Druzhba, soit la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque, qui en profiteront. Au détriment des autres pays européens, qui subissent les contrecoups des déséquilibres offre/demande des deux côtés de l’Atlantique.
{"title":"","image":"283014»,"legend":"","credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Un élan de simplification agite l’Union européenne
La priorité accordée par la Commission européenne à la « simplification administrative » depuis début 2025 n’a rien d’un slogan. Face au constat d’un fardeau de régulations souvent trop complexes, parfois redondantes, pénalisant la compétitivité à travers les Vingt-Sept, le principal organe exécutif de l’UE a lancé une vague de rationalisation bureaucratique sans précédent. -
L’évolution surprenante des prix de l'énergie
A la différence de 2022, l'Europe était mieux préparée au choc géopolitique du Golfe sur le terrain énergétique, relève Michala Marcussen, chef économiste du groupe Société Générale. La quête d'une autonomie énergétique stratégique est essentielle. -
Le choc d’investissement préconisé par Mario Draghi passera au révélateur du prochain budget européen
Lucide et cruel sur les failles européennes, le réquisitoire de l'ancien président de la BCE, dévoilé en 2024, peine encore à se traduire par des actes financiers concrets. Le budget européen permettra de mesurer la réelle appropriation des enjeux de compétitivité par les Vingt-Sept.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
SpaceX s'envole à Wall Street : Elon Musk lance la plus grande entrée en Bourse de l'histoire
Porté par une demande record, Elon Musk a orchestré depuis le Texas la plus colossale IPO de l’histoire. SpaceX est en passe de devenir un titan boursier malgré des pertes abyssales et une dette colossale -
Tribune libreUne Europe souveraine doit considérer l’IA comme une infrastructure
La souveraineté ne signifie pas l’autarcie qui nous priverait du progrès. Elle signifie la capacité à choisir ses dépendances, à sécuriser ses partenariats, à maîtriser localement certaines capacités critiques et à ne pas abandonner à d’autres les fondations techniques de sa vie collective -
A Evian, Macron lance son dernier tour de piste sur la scène internationale
Ukraine, détroit d'Ormuz, Moyen-Orient... Les crises internationales s'imposent au sommet du G7 qui démarre lundi à Evian