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Le gouverneur de la Banque de France prône les politiques d'offre pour contrer l'inflation
Le gouverneur de la Banque de France prône les politiques d’offre pour contrer l’inflation
Publié le
Julien Marion, Agefi-Dow Jones
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a appelé jeudi l’exécutif à privilégier les politiques d’offre, et non celles centrées sur la demande, afin de réduire l’inflation.
« Les politiques passées de soutien à la demande, monétaires et budgétaires, sont aujourd’hui moins pertinentes puisqu’elles entretiendraient l’inflation plutôt que de la réduire », prévient le banquier central dans sa lettre annuelle envoyée au président de la République, Emmanuel Macron, ainsi qu’aux présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher.
La guerre en Ukraine, dont la Banque de France évalue le coût actuel à plus de 30 milliards d’euros, ne justifie « nullement » un nouveau « quoi qu’il en coûte » comme lors de la crise sanitaire, clame également le gouverneur. Au contraire, François Villeroy de Galhau exhorte la France à se fixer « une stratégie de désendettement ambitieuse et crédible ».
Pour réduire l’inflation, François Villeroy de Galhau appelle à promouvoir les politiques d’offre « dans la durée ». Ces mesures permettent de maîtriser la hausse des prix en « atténuant la vulnérabilité à des chocs externes, par une plus grande diversification énergétique par exemple, ou à l’insuffisance de l’offre interne, notamment en augmentant les compétences disponibles sur le marché du travail », explique-t-il. Ces politiques sont par ailleurs « indispensables » pour renforcer la croissance potentielle, avance encore le haut fonctionnaire.
Dans cette optique, François Villeroy de Galhau juge que la France doit relever un défi spécifique: augmenter l’offre de travail disponible ainsi que sa qualification. Le gouverneur de la Banque de France estime que l’Europe, de son côté, doit réussir deux « transformations », celles de l'écologie et du numérique.
La BCE n’ira pas forcément aussi loin que la Fed
L’inflation a accéléré en France ces derniers mois, en raison notamment de tensions sur les chaînes d’approvisionnement et les prix des matières premières. En juin, l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) a progressé de 6,5% sur un an, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). En moyenne annuelle, la Banque de France anticipe une hausse de 5,6% en 2022 puis 3,4% en 2023 et 1,9% en 2024.
François Villeroy de Galhau assure que revenir à une inflation européenne et française autour de 2% n’est pas seulement « une prévision » mais « notre ferme engagement à moyen terme ».
« L’Eurosystème [qui regroupe la Banque centrale européenne (BCE) et les banques centrales nationales de la zone euro, NDLR] normalisera sa politique monétaire autant que nécessaire », écrit-il.
« D’abord en sortant des mesures exceptionnelles prises lorsqu’il y avait, notamment au début de la crise Covid, danger de déflation [...] ensuite en poursuivant le relèvement de ses taux pour atteindre au cours des trimestres ultérieurs un niveau ‘neutre’, entre 1% et 2% à court terme », développe François Villeroy de Galhau. « Enfin en n’allant, au-delà de cette normalisation, vers un éventuel resserrement que si les données d’inflation le requièrent », poursuit-il.
« Autrement dit, la Banque centrale européenne comme la Réserve fédérale américaine ou d’autres banques centrales suivent la même direction, mais la situation européenne n’oblige pas la BCE à aller nécessairement aussi vite ou aussi loin », conclut le gouverneur de la Banque de France.
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