L’inflation tiendra la clé de la croissance française en 2022
Les chocs exogènes joueront un rôle majeur sur le profil de croissance de l’économie française en 2022, selon la dernière note de conjoncture publiée vendredi par l’Insee. Après un début d’année affecté par les restrictions liées à la vague Omicron du Covid-19, la situation sanitaire apparaît désormais moins contraignante dans l’Hexagone. Le conflit russo-ukrainiena en revanche accentué les difficultés d’approvisionnement alimentaire et énergétique du pays. Ces deux facteurs «ont globalement amplifié les tensions inflationnistes et mis de nouveau à l’épreuve les chaînes de valeur mondiales», constate l’institut de conjoncture.
Si la flambée de l’inflation mondiale favorise des resserrements monétaires susceptibles d’influencer le comportement des agents économiques, les mesures budgétaires décidées en urgence dans de nombreux pays occidentaux visent à limiter directement la hausse des prix de l’énergie ou à soutenir le revenu des ménages. Grâce au rebond du commerce mondial attendu au second semestre, les échanges extérieurs devraient contribuer positivement à la croissance de l’activité française sur l’ensemble de 2022, à hauteur de 0,1 point du produit intérieur brut (PIB).
Après un recul de 0,2% entre janvier et mars derniers, l’Insee table sur une augmentation du PIB de 0,2% en rythme séquentiel au deuxième trimestre 2022, puis de 0,3% sur chacun des deux trimestres suivants. En moyenne annuelle, la croissance française, soumise à de nombreux aléas, s’établirait ainsi à 2,3% après le fort rebond de 6,8% en 2021. «Ce rythme de croissance serait en deçà de ce que l’on aurait pu attendre dans une phase de reprise, mais pas très éloigné du rythme moyen enregistré pendant la décennie d’avant la crise sanitaire», relève l’institut, ajoutant qu’à la fin de l’année, «le PIB français se situerait à 1,2% au-dessus de son niveau de la fin 2019».
Une réduction graduelle de la remise à la pompe
En faisant l’hypothèse d’un maintien du bouclier tarifaire mis en place sur les tarifs réglementés de vente de gaz et d’électricité, d’une réduction graduelle de la remise à la pompe à partir de septembre d’un cours du pétrole (brent) à 120 dollars le baril, l’inflation d’ensemble serait davantage tirée par la hausse des prix des services et celle des produits alimentaires que par celle des produits énergétiques d’ici à la fin de l’année. Ayant atteint 5,3% en mai, «elle se stabiliserait à l’automne entre 6,5% et 7% sur un an et s’élèverait à 5,5% en moyenne annuelle, après une hausse des prix de 1,6% en 2021», chiffre l’Insee.
Au plus haut depuis 1985, l’inflation devrait entraîner une nouvelle revalorisation automatique du Smic durant l’été, ainsi qu’une hausse de la rémunération du livret A. Après un net repli du pouvoir d’achat des ménagesdurant la première moitié de l’année, celui-ci se redresserait grâce au dynamisme de la masse salariale et aux mesures budgétaires de soutien au revenu. Il diminuerait néanmoins de 0,6% sur l’ensemble de 2022, soit une baisse de 1% par unité de consommation. Une croissance modérée de la consommation des ménages au second semestre déboucherait sur un taux d’épargne de 16,2% en 2022, bien supérieur à son niveau de 15% en 2019, avant le début de la crise sanitaire.
Malgré un taux de marge attendu à 31,7%, en retrait de 2,5 points par rapport à 2021, l’investissement des entreprises non financières afficherait une légère progression de 1,7% cette année, après le rebond de 11,4% enregistré en 2021. Les créations d’emploi salarié et non salarié s’élèveraient à 260.000 postes, reflet d’un moindre dynamisme après les 965.000 postes créés en 2021. Le taux de chômage poursuivrait néanmoins sa baisse pour atteindre 7% en fin d’année, contre 7,3% au premier trimestre 2022.
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