L’accélération de l’inflation britannique complique l’équation de la Banque d’Angleterre
Les prix à la consommation ont surpris à la hausse, avec une progression de 10,4% sur un an au Royaume-Uni. Les opérateurs ont revu en hausse leurs prévisions de relèvement des taux par la Banque d’Angleterre.
Les prix des aliments et des boissons non alcoolisées ont atteint leur taux le plus élevé en plus de 45 ans.
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Image BurningWell/Pixabay
C’est une nouvelle qui tombe mal. La hausse des prix à la consommation (CPI) au Royaume-Uni a réaccéléré, contre toute attente, à 10,4% sur un an en février, montrent les statistiques publiées mercredi par l’Office national de statistique britannique (ONS), à la veille de la réunion de la Banque d’Angleterre (BoE).
Ce chiffre se révèle bien supérieur à celui attendu par les économistes. Ceux interrogés par Reuters prévoyaient un ralentissement à 9,9%, après +10,1% un mois plus tôt et un pic de 41 ans inscrit en octobre à +11,1%.
En excluant les prix de l'énergie et d’autres éléments volatiles, les prix ont progressé de 6,2%, contre une hausse de 5,8% en janvier et un consensus de +5,7%.
L’inflation dans le secteur des services, considéré comme un bon baromètre des pressions sous-jacentes sur les prix dans l'économie, a atteint 6,6% en rythme annuel après +6,0% en janvier.
La BoE tiendra jeudi sa réunion de politique monétaire et les marchés prévoyaient avant la publication de cette statistique une hausse des taux limitée à 25 points de base, la probabilité d’un statu quo ayant diminué avec l’accalmie sur les marchés concernant le risque d’une contagion de la crise bancaire américaine à d’autres banques dans le monde. Ce chiffre d’inflation plus élevé, alors que les données précédentes montraient un début de tendance baissière, conforte les anticipations de hausse de 25 pb.
«Au regard des mouvements du marché ces derniers temps, cela place la Banque d’Angleterre dans une position incroyablement difficile», a déclaré à Reuters Richard Carter, directeur de la recherche obligataire chez Quilter Cheviot. Cette inflation plus durable pourrait empêcher la Banque d’Angleterre de marquer une pause dès la réunion de mai prochain, comme anticipé jusqu'à mercredi par les opérateurs. Désormais, ces derniers anticipent une hausse supplémentaire de 25 pb après celle de mars et une baisse de 25 pb début 2024.
Sur le marché des changes, la livre sterling progresse face au dollar et à l’euro après la publication de ces données.
Selon l’ONS, la fin des promotions sur les boissons en janvier dans les pubs et les restaurants est le principal facteur de la hausse de l’inflation en février. Les pénuries de salades ont également contribué à la hausse, a ajouté l’ONS.
« Les prix des aliments et des boissons non alcoolisées ont atteint leur taux le plus élevé en plus de 45 ans, avec des augmentations notamment sur les salades et légumes, car les coûts énergétiques élevés et le mauvais temps dans certaines zones en Europe ont entraîné des pénuries et un rationnement», a déclaré Grant Fitzner, chef économiste à l’ONS.
Le ministre britannique des Finances, Jeremy Hunt, a estimé que la baisse attendue de l’inflation ne pouvait pas être prise pour acquise. «Nous devons donc nous en tenir à notre plan pour la réduire de moitié cette année», écrit-il dans un communiqué. La veille, devant le Parlement, il avait jugé qu’une inflation supérieure à 10% était «dangereusement élevée». Selon les nouvelles prévisions de l’OBR, publiées lors de la présentation du budget 2023-24, l’inflation passerait de 10,7% au dernier trimestre 2022 à 2,9% d’ici la fin de 2023.
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