La Société Générale veut éteindre l’incendie «Panama papers»
La bataille de communication autour du scandale des «Panama papers» fait rage. Auditionné mardi soir à Bercy, le directeur général de la Société Générale, Frédéric Oudéa, a de nouveau jugé «scandaleux les amalgames et les inexactitudes» véhiculés à l’encontre de la banque, dans un entretien accordé au Figaro publié mercredi. «Nous avons, à la Société générale, fait le choix stratégique de ne travailler en offshore (hors des frontières, ndlr) qu’avec des clients dont les motifs sont clairs», a-t-il martelé.
Hier, le ministre de l’Economie, Michel Sapin, a assuré que la banque française s’est engagée à collaborer avec l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR). «Si des faits répréhensibles étaient constatés, l’ACPR en tirera les conclusions», a précisé le ministre dans un entretien au Monde. «Je serai particulièrement attentif à ce qui aura été décidé entre 2012 et 2015, date à laquelle la banque avait décidé de ne plus ouvrir de sociétés offshore», a ajouté Michel Sapin.
Dès lundi, la banque avait affirmé, dans un communiqué en amont de l’émission Cash Investigation, avoir déjà fermé toutes ses implantations dans des Etats et territoires non-coopératifs (ETNC), comme indiqué au Sénat en 2012. Puis mardi, la Société Générale avait précisé que sur les 979 sociétés offshore créées via Mossack Fonseca pour ses clients, seules «quelques dizaines» subsistent «dans le respect des règles en vigueur en matière de lutte contre la fraude et l’évasion fiscales».
Dans son rapport annuel 2015, la banque évoque la liste des ETNC établie par la France, actualisée par arrêté le 21 décembre. Suite au retrait des Îles Vierges britanniques et de Montserrat, cette dernière ne comptait plus que six territoires (Nauru, Guatemala, Brunei, les Îles Marshall, le Botswana et Nioue). Sorti de cette liste en 2012, le Panama a été rayé le 19 février d’une autre liste établie par l’organisme intergouvernemental GAFI en raison de ses «progrès significatifs», mais Michel Sapin a annoncé sa réintégration.
En octobre 2012, la Société Générale avait écopé d’une amende de 500.000 euros de l’ACPR pour des carences dans la lutte contre le blanchiment de capitaux au sein de sa banque privée aux Bahamas, toujours en activité. A l’instar de la Suisse et de Singapour, le pays caraïbéen appliquera à compter du 1er janvier 2017 la norme CRS élaborée par l’OCDE à la demande du G8 et du G20, qui permet l’échange automatique de renseignements.
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