La BCE laisse de nouveau ses taux directeurs inchangés
La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi qu’elle maintenait ses taux directeurs inchangés, comme attendu par la plupart des observateurs.
La BCE a donc choisi le statu quo pour sa deuxième réunion de politique monétaire d’affilée. Le taux de rémunération des dépôts, son principal taux directeur, reste ainsi à 2%. Le taux des opérations principales de refinancement est toujours fixé à 2,15% et le taux de facilité de prêt marginal à 2,40%.
La dernière baisse de taux de l’institution monétaire remonte à juin dernier. Il s’agissait alors de la huitième en un an. Depuis juin 2024, la BCE avait ainsi divisé par deux son taux de rémunération des dépôts.
Vers une baisse de taux aux Etats-Unis
Outre-Atlantique, la Réserve fédérale (Fed) a maintenu en juillet dernier ses taux directeurs dans une fourchette de 4,25% à 4,5%. Mais avec la dégradation du marché du travail, les investisseurs s’attendent à ce que la Fed diminue ses taux lors de sa prochaine réunion de politique monétaire, qui aura lieu les 16 et 17 septembre prochains. La dernière baisse de taux de la Fed remonte à décembre dernier.
La BCE, contrairement à son homologue américaine, peut déjà compter sur une inflation revenue dans les clous ces derniers mois. Après 1,9% sur un an en mai, l’inflation a légèrement accéléré en juin et en juillet à 2% sur un an puis en août à 2,1% sur un an, selon les données publiées par Eurostat, l’agence européenne de la statistique.
Même l’inflation de base, qui exclut les éléments volatils comme l’alimentation, l'énergie, l’alcool et le tabac, est proche de l’objectif de la BCE de 2% d’inflation à moyen terme. L’inflation de base ressort ainsi à 2,3% sur un an en août et est stable depuis juin dernier.
Sur le dossier commercial, l’Union européenne (UE) est parvenue à boucler fin juillet un accord avec les Etats-Unis, dans lequel ses produits exportés aux Etats-Unis sont taxés à un taux de 15%. Cet accord, qui s’applique depuis août, va permettre à la BCE de mieux appréhender l’impact des droits de douane sur l'économie de la zone euro, même s’il lui faudra sans doute plusieurs mois avant de disposer de suffisamment de données.
La BCE révise ses prévisions de croissance
Il faudra voir aussi dans quelle mesure les nouveaux tarifs douaniers négociés avec les Etats-Unis freinent ou non la croissance. La progression du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro au deuxième trimestre a ainsi été confirmée à un famélique 0,1% par Eurostat vendredi dernier. Cela représente un très fort ralentissement par rapport au 0,6% enregistré au premier trimestre.
Certaines données montrent toutefois que l’activité résiste et qu’elle serait même en train de repartir. L’indice PMI composite de l’activité du secteur privé en zone euro s’est établi à 51 en août, son plus haut niveau depuis un an, contre 50,9 en juillet, selon les données définitives publiées par S&P Global et Hamburg Commercial Bank (HCOB). L’activité a ainsi augmenté pour le huitième mois de suite en août. Un chiffre supérieur à 50 indique une expansion de l’activité par rapport au mois précédent, tandis qu’un chiffre inférieur à 50 reflète une contraction.
La BCE semble avoir pris en compte ces derniers éléments et a révisé à la hausse sa prévision de croissance pour 2025, qui passe à 1,2%, contre 0,9% estimé en juin dernier. En revanche, la prévision de croissance pour 2026 recule légèrement et passe de 1,1% à 1%. Celle pour 2027 ne bouge pas, à 1,3%.
En ce qui concerne l’inflation, la Banque centrale européenne a procédé à des changements à la marge. Elle vise désormais 2,1% d’inflation totale en 2025, 1,7% en 2026 puis 1,9% en 2027, contre 2%, 1,6% et 2% en juin dernier. La prévision d’inflation sous-jacente a en revanche été légèrement diminuée pour 2027, de 1,9% à 1,8%.
A lire aussi : L’activité manufacturière a progressé pour la première fois en zone euro depuis juin 2022
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