La BCE maintient ses taux directeurs face à l’incertitude des négociations commerciales
La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi qu’elle laissait ses taux directeurs inchangés, comme attendu par la plupart des observateurs, l’institution de Francfort attendant d’en savoir plus sur les conséquences de la politique commerciale américaine pour l'économie de la zone euro.
La BCE a donc choisi le statu quo après une réduction de ses taux en juin, la huitième en un an. Le taux de rémunération des dépôts, son principal taux directeur, reste ainsi à 2%. Le taux des opérations principales de refinancement est toujours fixé à 2,15% et le taux de facilité de prêt marginal à 2,40%. Depuis juin 2024, l’institution monétaire a divisé par deux son taux de rémunération des dépôts.
Outre-Atlantique, la Réserve fédérale (Fed) a maintenu en juin ses taux directeurs dans une fourchette de 4,25% à 4,5%. Une décision prise à l’unanimité. La dernière baisse de taux de la Fed est intervenue en décembre dernier, alors que la prochaine réunion de politique monétaire de la banque centrale américaine aura lieu les 29 et 30 juillet prochains.
La BCE peut compter sur une inflation revenue dans les clous ces derniers mois. Après 2,2% sur un an en avril, l’inflation a ralenti à 1,9% sur un an en mai avant de légèrement remonter à 2% en juin, selon les données publiées par Eurostat, l’agence européenne de la statistique.
Inflation conforme à l’objectif
Même l’inflation de base, qui exclut les éléments volatils comme l’alimentation, l'énergie, l’alcool et le tabac, est proche de l’objectif de la BCE de 2% d’inflation à moyen terme. La hausse des prix de base s’est établie à 2,3% sur un an en juin comme en mai, après 2,7% en avril.
«L’inflation se situe actuellement au niveau de l’objectif de 2% à moyen terme», a souligné la BCE dans un communiqué publié jeudi. «Les tensions d’origine interne sur les prix se sont encore relâchées, avec un ralentissement de la hausse des salaires», a noté l’institution monétaire.
C’est sur le dossier commercial que portent les incertitudes. L’Union européenne (UE) est actuellement dans la dernière ligne droite des négociations. Un accord dans lequel ses produits exportés aux Etats-Unis seraient taxés à un taux de 15% serait proche. Ce serait bien en deçà du tarif douanier de 30% à compter du 1er août que le président américain, Donald Trump, avait menacé ce mois-ci d’appliquer aux importations en provenance de l’UE.
Les négociateurs américains pour le commerce semblent favorables à un tel accord, qui pourrait aussi comprendre un droit de douane de 15% pour les voitures européennes, contre 25% actuellement, selon des informations du Wall Street Journal.
La BCE préfère attendre l’issue des négociations et avoir plus de données concernant l’impact des droits de douane sur l'économie de la zone euro avant de prendre une décision sur ses taux directeurs. «L’environnement reste extrêmement incertain, en particulier en raison des tensions commerciales», pointe ainsi la BCE dans son communiqué.
Comme lors des précédentes réunions de politique monétaire de l’institution, la BCE a rappelé qu’elle «suivr[ait) une approche s’appuyant sur les données pour déterminer, réunion par réunion, l’orientation appropriée de la politique monétaire». La banque centrale de la zone euro ne «s’engage pas à l’avance sur une trajectoire de taux particulière».
La prochaine réunion de politique monétaire de la BCE aura lieu les 10 et 11 septembre.
A lire aussi: Les dissensions au sein de la BCE peuvent affecter les cours des actions
Plus d'articles du même thème
-
L’administration Trump formule des propositions pour rétablir ses barrières douanières
Le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) a présenté de nouveaux droits de douane d’au moins 10% liés au travail forcé pour remplacer les droits «réciproques» jugés illégaux par la Cour suprême le 20 février. -
L’heure du «value for money» n’a pas encore sonné pour les produits structurés
La règle de value for money, qui rapporte les coûts aux bénéfices des produits financiers, s'impose sur le marché de l’épargne mais ne concerne toujours pas les produits structurés. Cette exclusion temporaire leur offre un avantage concurrentiel qui soulève de nombreuses critiques. Le Trésor prévoit d'élargir le dispositif à ces produits dès que l'outil central de contrôle sera solidifié. -
L'activité s'est moins contractée que prévu dans la zone euro en mai
L'indice PMI composite de la région a nettement moins baissé le mois dernier qu'anticipé par une première estimation publiée le 21 mai. La dégradation reste particulièrement marquée en France.
ETF à la Une
WisdomTree commercialise WDIG pour investir dans les métaux stratégiques clés
- Chez Ardian, une succession au long cours qui n’ose pas dire son nom
- Avec BMW, Airbus et EDF, Mistral AI se déploie dans l’ingénierie industrielle
- TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
- Axa, Carrefour, Gecina, Scor et Valeo émettent des obligations
- Anthropic frôle les 1.000 milliards de dollars de valorisation
Contenu de nos partenaires
-
EpouvantailsEtats-Unis : Le couple Biden et Kamala Harris, caillous dans la chaussure des démocrates
L'ancienne vice-présidente et Jill Biden, la femme de Joe Biden, ont chacune voulu dévoiler leur récit de l'élection de 2024. Mais en amont des midterms de novembre et de 2028, le Parti démocrate veut définitivement tourner la page -
VulnérablesLes Etats désarmés face au ralentissement de l’économie mondiale
Le choc pétrolier alimente le risque d'une récession mondiale, selon l'OCDE. Plusieurs gouvernements ne pourront amortir cette crise sans sacrifier le redressement de leurs comptes publics -
Comment le meurtre d'Henry Nowak attise l’extrême droite au Royaume-Uni
Après la mort d'un étudiant à Southampton, Nigel Farage et Tommy Robinson ravivent un débat explosif sur une police à deux vitesses