La BCE baisse ses taux pour la huitième fois en un an
La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé jeudi qu’elle réduisait une nouvelle fois ses taux directeurs d’un quart de point, soit 25 points de base. Il s’agit de la huitième fois que l’institution monétaire baisse ses taux depuis juin 2024.
Le taux de rémunération des dépôts, son principal taux directeur, passe ainsi de 2,25% à 2%. Le taux des opérations principales de refinancement passe de son côté de 2,40% à 2,15% et le taux de facilité de prêt marginal de 2,65% à 2,40%.
Les trois nouveaux taux directeurs seront effectifs à compter du 11 juin.
En un an, le taux de rémunération des dépôts aura ainsi été divisé par deux, alors qu’il culminait à 4% avant la première baisse de juin 2024.
A titre de comparaison, la Réserve fédérale (Fed) a maintenu en mai ses taux directeurs dans une fourchette de 4,25% à 4,5%. Une décision prise à l’unanimité. La dernière baisse de taux de la Fed est intervenue en décembre dernier, alors que la prochaine réunion de politique monétaire de la banque centrale américaine aura lieu les 17 et 18 juin prochains.
Une inflation qui baisse mais une économie au ralenti
De son côté, la Banque centrale européenne peut appuyer sa décision sur le très net ralentissement de l’inflation en zone euro ces derniers mois. Après 2,2% sur un an en avril, l’inflation a ralenti à 1,9% sur un an en mai et est passée en dessous de l’objectif de la BCE, selon les données provisoires publiées mardi par Eurostat, l’agence européenne de la statistique.
Même l’inflation de base, qui exclut les éléments volatils comme l’alimentation, l'énergie, l’alcool et le tabac, est proche de l’objectif de la BCE de 2% d’inflation à moyen terme. L’inflation de base ressort ainsi à 2,3% sur un an en mai, après 2,7% sur un an en avril.
«La plupart des mesures de l’inflation sous-jacente laissent entrevoir une stabilisation durable de l’inflation autour de l’objectif du Conseil des gouverneurs», juge la BCE dans un communiqué.
En parallèle, l'économie de la zone euro tourne toujours au ralenti. La guerre en Ukraine, les incertitudes géopolitiques ainsi que les tensions commerciales avec les Etats-Unis ont touché de plein fouet le Vieux continent.
La croissance du produit intérieur brut (PIB) de l’ensemble de la zone euro a ainsi été de 0,3% au premier trimestre par rapport au trimestre précédent, après 0,2% au quatrième trimestre 2024 et 0,4% au troisième trimestre de l’an dernier.
Des prévisions d’inflation revues à la baisse
A l’occasion de cette annonce de réduction de taux, la BCE a par ailleurs revu à la baisse ses perspectives en matière d’inflation, sauf pour 2027. L’institution monétaire table désormais sur une inflation de 2% en 2025 puis 1,6% en 2026 et 2% en 2027. Lors de ses précédentes projections, la banque centrale visait une inflation de 2,3% en 2025, 1,9% en 2026 et 2% en 2027.
Sur le plan de la croissance, la BCE maintient sa prévision d’une progression de 0,9% du PIB de la zone euro en 2025. «La projection de croissance inchangée pour 2025 tient à la fois à un premier trimestre meilleur qu’attendu et à de moins bonnes perspectives pour le reste de l’année», précise la BCE dans un communiqué. Pour 2026, la BCE abaisse en revanche sa prévision de croissance de 1,2% à 1,1%. Enfin pour 2027, elle la maintient à 1,3%.
«L’incertitude autour des politiques commerciales devrait peser sur l’investissement des entreprises et les exportations, notamment à court terme, mais la hausse de l’investissement public en matière de défense et d’infrastructures soutiendra de plus en plus la croissance à moyen terme», souligne la BCE.
La Banque centrale européenne a indiqué qu’elle allait publier sur son site internet plusieurs scénarios avec des projections économiques associées, en vue d'évaluer de quelle manière «différentes politiques commerciales pourraient influer sur la croissance et l’inflation».
A lire aussi : L’Europe pose la première pierre de l'Union de l’épargne et de l’investissement
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