Le pétrole touche un plus bas depuis mars et les actions s’envolent sur des espoirs de paix
Et si cette fois était la bonne ? Après de nombreuses promesses d’accords rapidement contredites par les faits, le président américain a effectué une nouvelle volte face jeudi soir à laquelle les investisseurs ont envie de croire.
Alors que les échanges de frappes entre Américains et Iraniens s’étaient multipliés ces derniers jours, Donald Trump a indiqué jeudi soir dans un post sur son réseau social Truth Social qu’il «annulait les frappes et les bombardements prévus contre l’Iran» car «les discussions avec la République islamique d’Iran ont été portées au plus haut niveau de la direction iranienne et approuvées».
«Les discussions et les derniers points de négociation ont été approuvés, tant sur le plan conceptuel que dans les moindres détails, par toutes les parties concernées, y compris les États-Unis, Israël, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, la Turquie, le Pakistan, Bahreïn, le Koweït, la Jordanie, l’Egypte et d’autres encore», a ajouté le président. Quelques heures plus tard, il a précisé que l’accord pourrait être signé durant le week-end en Europe.
A lire aussi : Le conflit au Moyen-Orient provoque un nouvel accès de volatilité
Rebond boursier
En réaction, le cours du Brent a plongé de plus de 5% jeudi soir et la baisse s’est intensifiée vendredi matin après que l’agence de presse semi-officielle iranienne Mehr a confirmé que les Etats-Unis et la République islamique négociaient un accord potentiel qui devait encore être revu et finalisé par les autorités en Iran.
Ce projet d’accord prévoit notamment, selon Mehr, une cessation immédiate et permanente des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, la levée totale du blocus naval et la réouverture du détroit d’Ormuz d’ici à 30 jours ainsi que la suspension des sanctions sur les ventes de pétrole iranien. Un plan de reconstruction pour le pays d’au moins 300 milliards de dollars présenté par les Etats-Unis et leurs alliés est également évoqué. L’Iran s’engagerait à ne pas développer d’armes nucléaires et une période de négociations de 60 jours pour atteindre un accord global sur la question du nucléaire est également au programme.
Après ces annonces, le prix du pétrole a perdu 3% en milieu de matinée, tombant même ponctuellement sous 86 dollars le baril, un niveau inédit depuis le 10 mars dernier, avant de se reprendre dans l’après-midi.
Cette baisse a fortement profité aux marchés actions. Peu après 16h, l’Euro Stoxx 50 et le CAC 40 bondissaient de plus de 1,5% pendant que le Dax gagnait 1,3%. Au passage, l’indice européen a établi un nouveau record historique, à 6.202 points, en dépassant son précédent pic établi juste avant le déclenchement de la guerre en Iran. Le CAC 40 ne perd plus que 3,7% sur son sommet absolu atteint le 26 février dernier à 8.642 points.
A lire aussi : La BCE se résout à relever ses taux
Plus d'articles du même thème
-
La complaisance autour de l’IA donne des signes de lassitude
Après les semi-conducteurs, ce sont les entreprises du néocloud, très endettées, qui corrigent en Bourse, relançant les craintes sur la rentabilité et la pérennité des investissements. Plusieurs transactions ont été reportées. -
Les emprunts d’Etat retrouvent des vertus d’actif refuge
La correction sur les marchés actions, en raison des craintes entourant certains pans de la tech, a entraîné une fuite des investisseurs vers la qualité et une détente sur les marchés de taux. Le niveau de portage offre une protection, mais pour tenir ces positions il faut accepter une volatilité qui va rester élevée. -
Sous les sommets du S&P 500, une réalité plus contrastée
Comme au début des années 2000, la performance des actions américaines apparaît très fragmentée. Si certains y voient un bulle cette situation peut aussi être résorbée par le rattrapage des valeurs en retard.
ETF à la Une
BlackRock veut ajouter une catégorie de parts ETF à cinq fonds actifs
- Danfoss réussit une émission obligataire malgré la cyberattaque en France
- Eutelsat bondit en Bourse alors que Starlink réduit ses services en Ukraine
- Ledger fait face à une cyberattaque d'un nouveau genre sur la blockchain
- L’exposition à géométrie variable des banques françaises au risque souverain
- Les banques françaises ne savent pas parler aux femmes
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreTrois conseils pour passer de manager à mentor
Passer de manager à mentor, c’est démultiplier son impact pour transmettre, faire émerger et relier, assure un expert de l'Apec -
ConseilL’IA est une révolution organisationnelle, pas que technologique
Faute de repenser leur gouvernance face aux nouveaux outils, sept dirigeants sur dix refusent de moderniser leurs structures et menacent la productivité des entreprises -
Explosif, ou pas17 octobre : derrière la mobilisation virtuelle, le flou du terrain
Portée par les réseaux sociaux et la colère lycéenne, la journée du 17 octobre promet une convergence des mécontentements, mais l’ampleur réelle de la mobilisation reste difficile à mesurer