Hausse de taux : des voix discordantes au sein de la Fed
Le niveau de solidarité entre les responsables de la Réserve fédérale (Fed) a ses limites. Plusieurs d’entre eux ont estimé en décembre dernier que la banque centrale pouvait faire preuve de patience quant aux futures hausses des taux d’intérêt. Certains ont même désapprouvé le relèvement d’un quart de point du taux des Fed funds, intervenu le 19 décembre, et les deux autres annoncés pour 2019 : c’est une des révélations du compte-rendu de la réunion des 18 et 19 décembre derniers, publié mercredi. Ce relèvement des taux, voulu malgré la tension sur les marchés financiers et la pression du président Donald Trump pour une halte, avait alors fait débat.
Pour «nombre de participants», dans un contexte de «pressions inflationnistes discrètes, le comité (de politique monétaire) pouvait être patient pour ce qui est de la poursuite du cycle de resserrement monétaire», selon les «minutes». Les banquiers centraux sont plus réservés sur le relèvement des taux, cela devrait atténuer les craintes des marchés d’un resserrement monétaire trop offensif de la part de la Fed, précise au Wall Street Journal Michael Arone, stratégiste en chef de State Street Global Advisors. Pour lui, la Fed pourrait «signaler aux marchés que la campagne de hausse des taux touche peut-être à sa fin».
Cette volonté de temporiser s’explique aussi par la manière dont la Fed anticipe la croissance mondiale pour cette année. Elle estime toujours que l’économie des Etats-Unis est solide, avec un chômage au plus bas depuis 50 ans et une inflation autour de l’objectif de 2%. Mais elle observe les brutales fluctuations des marchés financiers, ainsi que les signes d’un ralentissement de la croissance économique mondiale.
Plus tôt dans la journée de mercredi, avant leur publication, deux responsables monétaires plaidaient déjà publiquement la patience. Charles Evans (Fed de Chicago), a ainsi estimé que la Réserve fédérale pouvait attendre la fin du premier semestre pour évaluer la montée des risques. Raphael Bostic (Fed d’Atlanta), était sur la même ligne. A l’inverse, Eric Rosengren, leur homologue de Boston, a déclaré à Bloomberg Television que la banque centrale risquait de devoir relever les taux encore deux fois cette année. «Si ce sont les marchés qui ont raison, alors il faudrait assouplir», nuance-t-il.
La Bourse de New York a bien accueilli cette publication. En clôture, l’indice Dow Jones avait gagné 91,67 points, soit 0,39%, à 23.879,12 points. Le S&P 500, plus large, a pris 10,55 points (0,41%) à 2.584,96 points. Le Nasdaq Composite a progressé de 60,08 points (0,87%) à 6.957,08 points.
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