Wall Street accepte mal les dernières décisions de la Fed
La Réserve fédérale américaine a annoncé, mercredi, le relèvement d’un quart de point du taux des fonds fédéraux («Fed funds»), dans une fourchette de 2,25-2,50%, à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire (FOMC). Cette décision était conforme aux attentes de Wall Street.
Les taux directeurs se situent «dans le bas de leur fourchette neutre», qui a désormais été atteinte, a déclaré Jerome Powell, le président de la Fed, lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion monétaire. Il a ainsi confirmé la politique «accommodante» esquissée en septembre, mettant un terme au débat qui agite les marchés quant à un niveau de taux «neutre», qui ne freinerait ni ne stimulerait la croissance.
En revanche, dans ses nouvelles projections monétaires, l’institution ne prévoit plus que deux hausses de ses taux directeurs en 2019, et non plus trois, comme elle l’annonçait encore en septembre, et une encore en 2020. De fait, sa prévision médiane pour le taux des fonds fédéraux ressort à 3,1% à la fin 2020 et en 2021. Le signe que le cycle de resserrement monétaire de la Fed, amorcé en décembre 2015, approche de sa fin, dans un contexte de forte volatilité sur les marchés financiers et de ralentissement de la croissance mondiale. Jerome Powell a expliqué les quatre hausses de taux en 2018 par l’accélération plus rapide que prévu de la croissance économique. Dans le communiqué du FOMC, les responsables de la Fed ont d’ailleurs souligné qu’ils continueraient «à surveiller les évolutions économiques et financières au plan mondial et à évaluer leurs implications sur les perspectives économiques».
Ces décisions de Jerome Powell, particulièrement attendu sur la trajectoire future des taux, ont été mal appréciées à Wall Street, qui a perdu du terrain dès les annonces de la Fed, les investisseurs appréhendant la perspective de voir les taux continuer à monter dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale. «Le message du marché, c’est que nous observons des conditions financières plus tendues et une trajectoire de croissance affaiblie», souligne Quincy Krosby, de Prudential Financial, cité par Reuters. Le statu quo de la Fed sur la méthode de réduction du bilan a aussi déçu les investisseurs. «Le marché signale peut-être qu’il souhaite un ralentissement du rythme de la normalisation du bilan», précise Scott Minerd, de Guggenheim Partners.
Le Dow Jones a perdu 351,98 points, soit 1,49%, son cours de clôture le plus bas depuis novembre 2017. Le S&P-500 a cédé 39,21 points (1,54%), et le Nasdaq Composite a laissé 148,43 points (2,19%).
Plus d'articles du même thème
-
Les créations d’emplois chahutent les marchés aux Etats-Unis
Les créations de postes se sont élevées à 172.000 le mois dernier outre-Atlantique, deux fois plus qu’anticipé par les économistes. Le chiffre d’avril a également été relevé. En renforçant les paris sur une hausse des taux de la Fed, la statistique a fait plonger Wall Street vendredi. -
Les spécialistes des taux actent le resserrement monétaire
Les panélistes interrogés par L’Agefi anticipent dorénavant deux hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE), et potentiellement une pour la Banque d’Angleterre (BoE). Ils confirment également que la Fed ne devrait plus baisser les siens, ce qui fait remonter les taux longs. -
L’inflation américaine a atteint 3,8% en avril
Portée par la flambée des cours de l’énergie, la hausse des prix est à son plus haut niveau depuis trois ans aux Etats-Unis. Les dépenses de consommation PCE et le PIB restent également en croissance, mais pas les revenus des ménages Américains. Ce qui oriente plutôt la Fed vers un statut quo monétaire.
ETF à la Une
WisdomTree dévoile un ETF sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’intelligence artificielle
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- Le Crédit Agricole crée une société dédiée à l'IA pour y concentrer ses efforts
Contenu de nos partenaires
-
Alignement des planètesComment le Pakistan a réussi à jouer les médiateurs entre l'Iran et les Etats-Unis
Islamabad a su mettre à profit sa position géopolitique et sa stratégie de rapprochement avec ses voisins, à l'exception de l'Inde, pour construire un compromis acceptable par Washington et Téhéran -
Dis, quand reviendras-tu ?Raphaël Glucksmann et Olivier Faure, histoire d'une rivalité
En confiant à deux reprises la tête de liste aux européennes à un philosophe non encarté, le premier secrétaire du PS a fabriqué son principal concurrent pour l'élection présidentielle de 2027. Récit d’une relation passée de la fraternité à la discorde -
Bis repetitaLa France se prépare à une vague de chaleur plus intense qu'en mai
Le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray souhaite qu'aucun examen du Bac ne se déroule l'après-midi.