Wall Street accepte mal les dernières décisions de la Fed
La Bourse a perdu du terrain dès que la Réserve a annoncé qu’elle relevait l’objectif des «Fed funds» d’un quart de point.
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Capucine Cousin
Jerome Powell, le président de la Fed, lors de la conférence de presse du 19 décembre 2018.
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Crédit Fed.
La Réserve fédérale américaine a annoncé, mercredi, le relèvement d’un quart de point du taux des fonds fédéraux («Fed funds»), dans une fourchette de 2,25-2,50%, à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire (FOMC). Cette décision était conforme aux attentes de Wall Street.
Les taux directeurs se situent «dans le bas de leur fourchette neutre», qui a désormais été atteinte, a déclaré Jerome Powell, le président de la Fed, lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion monétaire. Il a ainsi confirmé la politique «accommodante» esquissée en septembre, mettant un terme au débat qui agite les marchés quant à un niveau de taux «neutre», qui ne freinerait ni ne stimulerait la croissance.
En revanche, dans ses nouvelles projections monétaires, l’institution ne prévoit plus que deux hausses de ses taux directeurs en 2019, et non plus trois, comme elle l’annonçait encore en septembre, et une encore en 2020. De fait, sa prévision médiane pour le taux des fonds fédéraux ressort à 3,1% à la fin 2020 et en 2021. Le signe que le cycle de resserrement monétaire de la Fed, amorcé en décembre 2015, approche de sa fin, dans un contexte de forte volatilité sur les marchés financiers et de ralentissement de la croissance mondiale. Jerome Powell a expliqué les quatre hausses de taux en 2018 par l’accélération plus rapide que prévu de la croissance économique. Dans le communiqué du FOMC, les responsables de la Fed ont d’ailleurs souligné qu’ils continueraient «à surveiller les évolutions économiques et financières au plan mondial et à évaluer leurs implications sur les perspectives économiques».
Ces décisions de Jerome Powell, particulièrement attendu sur la trajectoire future des taux, ont été mal appréciées à Wall Street, qui a perdu du terrain dès les annonces de la Fed, les investisseurs appréhendant la perspective de voir les taux continuer à monter dans un contexte de ralentissement de la croissance mondiale. «Le message du marché, c’est que nous observons des conditions financières plus tendues et une trajectoire de croissance affaiblie», souligne Quincy Krosby, de Prudential Financial, cité par Reuters. Le statu quo de la Fed sur la méthode de réduction du bilan a aussi déçu les investisseurs. «Le marché signale peut-être qu’il souhaite un ralentissement du rythme de la normalisation du bilan», précise Scott Minerd, de Guggenheim Partners.
Le Dow Jones a perdu 351,98 points, soit 1,49%, son cours de clôture le plus bas depuis novembre 2017. Le S&P-500 a cédé 39,21 points (1,54%), et le Nasdaq Composite a laissé 148,43 points (2,19%).
Le taux d’inflation annuel s’est maintenu aux Etats-Unis en juillet pour le 65e mois consécutif bien au-dessus de l’objectif de 2% de la Réserve fédérale (Fed), le taux mensuel remontant même de 0,1% à 0,2% de manière inattendue. Cela ne devrait toutefois pas inciter la Fed à resserrer sa politique monétaire dans l’immédiat.
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