Des actionnaires salariés d’EDF sont prêts à traduire l’Etat au pénal
Avant que l’Etat ne précise les modalités de sa montée à 100% du capital d’EDF, «Energie en actions» attaque. L’association des actionnaires salariés et anciens salariés du groupe a annoncé son intention d’introduire une plainte pénale avec constitution de partie civile contre l’Etat en tant qu’actionnaire majoritaire d’EDF, «pour mise en difficulté de l’entreprise au mépris de l’intérêt social de celle-ci et des intérêts de ses actionnaires minoritaires, du fait de décisions inconsidérées et spoliatrices».
Les autres associations d’actionnaires salariés d’EDF «n’ont pas souhaité s’associer à notre action pour le moment, mais des actionnaires individuels sont prêts à nous rejoindre, confie à L’Agefi, Hervé Chefdeville, secrétaire général d’«Energie en actions». Après déjà deux saisines du régulateur par les fonds d’actionnariat salarié d’EDF, nous allons adresser un courrier à l’AMF [Autorité des marchés financiers], pour informations trompeuses de l’Etat et manipulations de cours ».
L’Arenh dans le viseur
Principal grief d’«Energie en actions», les tarifs de l’Arenh (Accès régulé à l'électricité nucléaire historique). Selon ce mécanisme, EDF doit vendre à ses concurrents au moins un quart de sa production d’électricité nucléaire à un prix qui s’avère inférieur aux coûts de production. L’association prépare un recours contentieux contre les ministres compétents sur le tarif de vente de l’Arenh, non réévalué depuis 2021, à défaut de réponse à son recours gracieux. Elle a aussi déposé un recours en annulation devant le Conseil d’Etat des textes imposant l’augmentation de 20 TWh du volume d’Arenh en 2022.
Pressions sur le dossier Framatome
Parmi les autres reproches adressés, «Energie en actions» fustige la pression publique pour la prise de contrôle de Framatome lors du sauvetage d’Areva ou encore pour le rachat des turbines nucléaires de General Electric. Ainsi que la distribution de dividendes «non négligeables» en numéraire sans option de paiement en titres, «alors que le cash-flow de l’entreprise était durablement négatif».
Les minoritaires s’inquiètent des pertes qu’ils pourraient subir. Fin 2005, l’ouverture du capital d’EDF s’est faite à 32 euros, et à 25,60 euros pour les salariés. L’action ne cotait plus que 7,4 euros le 6 juillet dernier, avant de remonter pour être suspendue à 10,22 euros. «Cette nationalisation n’apporte rien à l’entreprise, conclut Hervé Chefdeville. En attendant de connaître le prix offert pour racheter nos actions, nous voulons mettre l’Etat face à ses responsabilités. Comme actionnaire ultra-majoritaire d’EDF, il doit rendre des comptes sur sa gestion qui a pour conséquence de spolier gravement de très nombreux épargnants».
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