Ce que la nationalisation d’EDF pourrait coûter à l’Etat
Une chose est sûre, la transaction se comptera en milliards d’euros. Après avoir mis fin au suspense le 6 juillet, l’Etat va devoir passer à la caisse pour mettre la main sur 100% du capital d’EDF. L’opération fera sans doute l’objet d’une offre publique d’achat (OPA), plus rapide à mettre en œuvre qu’une loi de nationalisation, suivie d’un retrait de la cote. Reste la question du prix qui sera proposé par le gouvernement aux actionnaires minoritaires et donc de ce qu’il en coûtera à l’Etat français.
Lundi soir, l’agence Reuters a évoqué un coût global qui approcherait les 10 milliards d’euros, citant des sources proches du dossier. Ce prix intégrerait le rachat des 15,92% du capital d’EDF que l’Etat (y compris Bpifrance) ne détient pas encore, soit plus de 615 millions d’actions, mais également celui des obligations convertibles (Oceanes). Le groupe en avait émis pour 2,4 milliards d’euros en septembre 2020 à un prix unitaire de 11,70 euros. A fin décembre dernier, chacune de ces obligations donnait droit à 1,042 action.
Au juste prix
Les analystes de Morgan Stanley estiment qu’un montant de 10 milliards d’euros représenterait un prix de 12,60 euros par action EDF, supérieur de 60% au cours du 5 juillet en clôture, mais de 60% inférieur à celui de l’introduction en Bourse de l’électricien, réalisée à 32 euros par titre en novembre 2005.
Dans ce contexte, la fixation du prix de l’offre pourrait amener des contestations. Colette Neuville, la présidente de l’Association pour la défense des actionnaires minoritaires (Adam), mandatée par plusieurs fonds actionnaires d’EDF, a annoncé s’être saisie du dossier. «Cette nationalisation est une bonne nouvelle, confie-t-elle à L’Agefi. Mais les minoritaires doivent être désintéressés au juste prix. Au regard de la situation actuelle d’EDF et des inconnues sur son avenir (scission…), une analyse classique sur le cours moyen trois mois ou sur le DCF ne nous paraît pas pertinente.»
Colette Neuville met une pression supplémentaire sur EDF, mais aussi sur l’Autorité des marchés financiers (AMF) lorsque celle-ci examinera la conformité de l’offre. Dans le passé, la présidente de l’Adam n’a pas hésité à s’adresser au régulateur, mais aussi à contester la décision de conformité de l’offre devant la cour d’appel de Paris. Un délai supplémentaire de cinq mois que ne devrait pas apprécier EDF.
Plus d'articles du même thème
-
GameStop veut s'offrir eBay pour 56 milliards de dollars
Le distributeur de jeux vidéo, emblématique de la période des «meme-stocks», propose une transaction à moitié en cash et à moitié en actions sur le spécialiste du e-commerce qui affiche une capitalisation quatre fois supérieure à la sienne. -
Shell s’offre ARC Resources pour 16,4 milliards de dollars
La major britannique propose une prime boursière de 20 % avec un montage en cash et en titres pour s’emparer de sa rivale canadienne. Cette dernière lui apportera une production supplémentaire quotidienne de 370.000 barils. -
Une nouvelle fusion se profile dans les jeux d’argent en Europe
Le britannique Evoke, maison mère de William Hill, a reçu une offre d’achat non engageante de son homologue grec Bally’s Intralot qui valorise sa cible 225 millions de livres.
ETF à la Une
BlackRock émet un nouvel ETF actif dédié à la dette des marchés émergents
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
Contenu de nos partenaires
-
#DigitalCitizenIA mal informée – par David Lacombled
S’ils amplifient la désinformation, les robots conversationnels peuvent aussi contribuer à rétablir les vérités -
La Fabrique de l'Opinion« Dans un monde pluraliste en chaos permanent, l’universalisme défini par les Lumières est impossible »
Mark Leonard : « De nombreuses sociétés se tournent aussi vers des conceptions pré-occidentales de la civilisation et proposent différentes visions du monde, non seulement du passé mais aussi de l’avenir » -
In folioFromental revisite ses œuvres – par Bernard Quiriny
Les livres ont plusieurs vies. Ils paraissent, disparaissent, reparaissent au fil du temps, des rééditions, des hasards qui les font découvrir par de nouvelles générations de lecteurs, des retours en arrière qui poussent leurs auteurs à les remettre sur le métier. Jean-Luc Fromental republie ainsi Air Utopia, un recueil de récits de voyages paru en 1994 dans la collection « Voyageurs » que dirigeait Michel Le Bris chez Payot.