Ce que la nationalisation d’EDF pourrait coûter à l’Etat
Le gouvernement devra acquérir les 16% du capital qu’il ne détient pas au capital de l’électricien mais également des obligations convertibles émises en septembre 2020.
Publié le
Johann Corric et Bruno de Roulhac
EDF avait déjà bataillé une première fois avec succès contre la Commission. Photo DR.
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Une chose est sûre, la transaction se comptera en milliards d’euros. Après avoir mis fin au suspense le 6 juillet, l’Etat va devoir passer à la caisse pour mettre la main sur 100% du capital d’EDF. L’opération fera sans doute l’objet d’une offre publique d’achat (OPA), plus rapide à mettre en œuvre qu’une loi de nationalisation, suivie d’un retrait de la cote. Reste la question du prix qui sera proposé par le gouvernement aux actionnaires minoritaires et donc de ce qu’il en coûtera à l’Etat français.
Lundi soir, l’agence Reuters a évoqué un coût global qui approcherait les 10 milliards d’euros, citant des sources proches du dossier. Ce prix intégrerait le rachat des 15,92% du capital d’EDF que l’Etat (y compris Bpifrance) ne détient pas encore, soit plus de 615 millions d’actions, mais également celui des obligations convertibles (Oceanes). Le groupe en avait émis pour 2,4 milliards d’euros en septembre 2020 à un prix unitaire de 11,70 euros. A fin décembre dernier, chacune de ces obligations donnait droit à 1,042 action.
Au juste prix
Les analystes de Morgan Stanley estiment qu’un montant de 10 milliards d’euros représenterait un prix de 12,60 euros par action EDF, supérieur de 60% au cours du 5 juillet en clôture, mais de 60% inférieur à celui de l’introduction en Bourse de l’électricien, réalisée à 32 euros par titre en novembre 2005.
Dans ce contexte, la fixation du prix de l’offre pourrait amener des contestations. Colette Neuville, la présidente de l’Association pour la défense des actionnaires minoritaires (Adam), mandatée par plusieurs fonds actionnaires d’EDF, a annoncé s’être saisie du dossier. «Cette nationalisation est une bonne nouvelle, confie-t-elle à L’Agefi. Mais les minoritaires doivent être désintéressés au juste prix. Au regard de la situation actuelle d’EDF et des inconnues sur son avenir (scission…), une analyse classique sur le cours moyen trois mois ou sur le DCF ne nous paraît pas pertinente.»
Colette Neuville met une pression supplémentaire sur EDF, mais aussi sur l’Autorité des marchés financiers (AMF) lorsque celle-ci examinera la conformité de l’offre. Dans le passé, la présidente de l’Adam n’a pas hésité à s’adresser au régulateur, mais aussi à contester la décision de conformité de l’offre devant la cour d’appel de Paris. Un délai supplémentaire de cinq mois que ne devrait pas apprécier EDF.
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