ChatGPT entre déjà dans les habitudes des salariés
Plus d’un quart des répondants à un sondage aux Etats-Unis indiquent utiliser régulièrement l’outil d’intelligence artificielle au travail. A terme, 40% du temps de travail pourrait être affecté.
Dans certains secteurs, l'IA générative pourrait bouleverser plus de 50% du temps de travail des salariés
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La révolution annoncée semble bien en marche. Le lancement en fin d’année dernier de ChatGPT, l’outil d’intelligence artificielle (IA) d’OpenAI soutenu par Microsoft, a déclenché un engouement mondial pour l’IA dite générative capable de construire des textes voire des images ou des vidéos sur de nombreux sujets et dans divers styles. Susceptible de bouleverser de nombreux secteurs d’activité et d’en améliorer la productivité, cette technologie est devenue le nouveau chouchou des investisseurs. Les levées de fonds dans le secteur se sont multipliées ces derniers mois et les valeurs boursières des entreprises liées de plus ou moins loin au sujet ont flambé. Emboitant le pas à OpenAI et Microsoft, la plupart des géants de la technologie ont annoncé le lancement de leur propre outil, tel Alphabet qui a récemment rendu accessible Google Bard en Europe.
Mais, au-delà des promesses, qu’en est-il de l’utilisation réelle de ces technologies par les salariés au sein de leur entreprise ? Deux récentes études apportent de premiers aperçus. Selon un sondage réalisé aux Etats-Unis par Reuters et Ipsos auprès de 2.625 personnes mi-juillet, 28% des répondants indiquent avoir déjà utilisé ChatGPT au travail, dont 18% régulièrement, et 36% ont déjà eu recours à un outil d’intelligence artificielle. Le cabinet McKinsey obtient une proportion de 22% dans une étude internationale réalisée auprès de 1.600 personnes en avril dernier. Le taux d’utilisation régulière d’outils d’intelligence artificielle atteint 24% dans les services financiers et même 33% dans les secteurs de la technologie, des médias et des télécommunications.
Une pratique qui ne va pas sans poser des problèmes notamment en matière de propriété intellectuelle lorsque des informations sensibles sont entrées dans les moteurs d’IA générative. En mai dernier, Samsung avait ainsi banni l’utilisation de ChatGPT par ses équipes pour cette raison. Selon le sondage Reuters/Ipsos, 10% des répondants au sondage Reuters/Ipsos indiquent que leur équipe de direction interdit formellement l’utilisation de l’outil d’OpenAI. Dans sa dernière étude sur les risques émergents pour les entreprises, le spécialiste du conseil en technologie, Gartner, révèle que la généralisation de l’IA générative était le deuxième type de risque le plus cité par les 249 dirigeants interrogés.
La démocratisation de l’usage de l’intelligence artificielle devrait malgré tout se poursuivre si on en croit les prédictions de plusieurs bureaux d’études. Dans un rapport publié il y a quelques mois, Accenture estime que 40% des heures de travail pourraient être affectées par l’IA conversationnelle. Selon les secteurs, de 9% à 63% du temps de travail seraient concernés. Fin 2022, Gartner anticipait que, d’ici à 2026, 100 millions d’humains feront appel à des robots-collègues pour participer aux taches de l’entreprise, rappellent les analystes d’UBS dans une note sur le sujet intitulée «L’IA générative sera-t-elle à l’origine d’une transformation générationnelle ?».
Lorsqu’on lui demande s’il va bientôt «prendre notre travail», ChatGPT se veut rassurant : «Mon objectif est de vous soutenir dans votre travail plutôt que de le remplacer». A moins qu’il ne maitrise, déjà, l’hypocrisie.
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