Banquiers et assureurs se retirent massivement du capital investissement
Dans le sillage des nouvelles règles Bâle 3 et Solvabilité 2, banquiers et assureurs en France désertent la classe d’actif du capital investissement. Les capitaux levés par les banques sont ainsi passés de 2,9 milliards à 487 millions d’euros entre fin 2008 et fin 2010, soit un recul de 83%, selon les données d’une étude présentée jeudi par l’Afic (Association française des investisseurs en capital) et Grant Thornton.
Les assureurs ont réduit sur cette période leurs engagements de 2,3 milliards à 410 millions d’euros, soit une diminution de 82%. Alors que les levées de fonds ont été fortement ralenties par la crise, la reprise n’a pas permis de constater d’inversion de tendance sur l’allocation de capitaux des institutions financières vers le capital investissement.
«La problématique de la capacité de financement à long terme des entreprises est aujourd’hui au cœur de nos préoccupations», a relevé Hervé Schricke, président de l’Afic. «Une part plus ou moins importante de l’épargne, qui doit être stimulée grâce à des dispositifs fiscaux, doit être investie dans le capital des PME. Cela pourrait commencer par le Livret A et le Livret de développement durable et être appliqué par la suite à l’épargne retraite», a estimé le président.
Parmi les propositions de l’Afic, «la consommation de fonds propres des banques et assureurs pourrait être réduite en mettant en place des garanties partielles via un fonds de mutualisation des risques», a suggéré Hervé Schricke.
Sur 2010, les levées de fonds ont progressé de 37% à un peu plus de 5 milliards d’euros. Les investissements ont crû de 61% à 6,6 milliards d’euros, tandis que les désinvestissements ont progressé de 43% à près de 4 milliards.
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