Après deux opérations de LBO, Converteam confie son destin à General Electric
A un LBO tertiaire ou à une entrée en Bourse, Converteam a préféré les bras d’un industriel. L’américain General Electric (GE) a conclu un accord avec ses actionnaires – Barclays Private Equity, LBO France et le management – en vue de mettre la main sur 90% du capital pour 3,2 milliards de dollars (2,27 milliards d’euros). Le solde de 10% restera entre les mains de l’équipe de direction emmenée par Pierre Bastid, le PDG, et le numéro deux, Florent Battistella.
Le contrat prévoit que GE puisse racheter ce bloc, valorisé actuellement à 355 millions de dollars, dans un délai de deux à cinq ans pour un montant maximal de 480 millions de dollars. Avec un Ebitda (excédent brut d’exploitation) de 239 millions de dollars (170 millions d’euros) l’an dernier, le prix offert par GE représente un multiple inférieur à 15. Soit un niveau plus bas que le multiple médian de 21 constaté lors des 32 opérations comparables réalisées au cours des cinq dernières années. Les synergies de coûts d’exploitation sont estimées à 250 millions de dollars par an sur les cinq prochaines années. Les actionnaires ont été conseillés par Hawkpoint, Messier, Maris & Associés et Scotto & Associés.
Pour GE, cette transaction illustre sa soif de croissance externe. Le conglomérat a dépensé pas moins de 11 milliards de dollars sur ce terrain depuis six mois. Le rachat de Converteam doit lui permettre de renforcer son offre au sein de sa division GE Energy autour de trois axes: les machines tournantes (moteurs, générateurs), les variateurs de puissance et les systèmes d’automatisme et de commande de procédés.
Quant à Converteam, qui emploie plus de 5.300 personnes dans 17 pays, la société parachève un développement spectaculaire. L’ex-APC avait été créée fin 2005, pour une valorisation d’environ 130 millions d’euros, dans le cadre d’une scission sur l’activité systèmes (et conseil) en conversion d'énergie d’Alstom. Barclays PE s’était offert 95% du capital, les 5% restants revenant au management. En 2008, un LBO secondaire rebattait les cartes, LBO France prenant un peu plus d’un tiers du capital, à parité avec Barclays PE et le management qui ont réinvesti respectivement 300 millions et 500 millions d’euros. Un deal qui valorisait l’entreprise autour de 2 milliards d’euros.
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