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Transition énergétique : il faut financer les projets de proximité !
La transition énergétique repose sur trois piliers complémentaires : la production d’énergies décarbonées, l’efficacité énergétique et l’électrification des usages. C’est l’ensemble de ces leviers qui permet de réduire nos émissions et de construire un système énergétique sobre, compétitif et résilient.
En 2025, les moyens disponibles pour la transition énergétique progressent et représentent désormais près d’un quart des fonds d’infrastructure levés, contre 15% en 2024. La question n’est donc pas de savoir si nous allons financer cette transition, mais à quelle échelle et comment soutenir les porteurs de projets ?
Les investisseurs ont exploré la diversité de la transition énergétique, mais n’ont pas encore apprécié toute sa profondeur. Aux côtés de giga-factories, des grandes installations énergétiques ou des programmes massifs de renouvellement des infrastructures de transports, existe une autre réalité : celle des projets de proximité, souvent négligés, mais pourtant essentiels. Ces projets offrent non seulement des perspectives solides de rendement, mais aussi un impact concret et immédiat sur nos territoires.
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On peut voir la chaîne du financement de ces projets comme une pyramide. À la base, les projets eux-mêmes : une centrale photovoltaïque de petite taille, une installation de stockage d’électricité, des réseaux de chaleur collectifs ou des stations de recharge de véhicules électriques représentent des investissements allant de quelques centaines de milliers à quelques millions d’euros. Ces briques élémentaires, modestes en apparence, assurent une transition décentralisée, granulaire, en prise directe avec les besoins locaux. Elles contribuent aussi, pour ce qui est du stockage et de la recharge, à favoriser l’électrification des usages. C’est le grand défi de la période actuelle.
10 à 50 millions d’euros
Au-dessus, on trouve de nombreuses PME, qui développent et construisent des portefeuilles de projets. Cette mutualisation donne de la solidité à ces acteurs, mais requiert le soutien de fonds spécialisés capables d’apporter 10 à 50 millions d’euros pour accompagner leur croissance.
Vient ensuite l’étage de ces fonds spécialisés, dont la taille optimale se situe entre 200 et 500 millions d’euros. Ils sont assez grands pour diversifier les risques et répondre aux besoins des PME, techniquement inaccessibles pour les méga-fonds, tout en restant connectés à la réalité du terrain.
Enfin, au sommet, les investisseurs institutionnels et fonds de fonds. Les tickets de 20, 50, parfois 100 millions d’euros dans les fonds spécialisés devraient constituer leur niveau naturel d’intervention. C’est pourtant à ce niveau intermédiaire que les financements sont les plus difficiles à mobiliser, le niveau supérieur de la pyramide préférant les méga-fonds et les grandes infrastructures alors même qu’ils présentent des risques d’exécution considérables et des rendements souvent plus faibles.
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Concentrer ses investissements sur les méga-fonds, c’est rater un gisement d’opportunités important et l’un des enjeux phares de la transition énergétique. S’engager à un niveau de taille plus granulaire, c’est au contraire répartir son risque tout en répondant à un enjeu de responsabilité. La transition énergétique a besoin de ce maillon intermédiaire, complémentaire aux grands projets et offrant des rendements plus attractifs.
En 2025, la taille moyenne des fonds dédiés aux infrastructures a doublé et s’établit désormais à plus de deux milliards d’euros. Il est donc nécessaire de prendre conscience de ce mouvement et d’allouer davantage d’investissements aux PME françaises et européennes, moteurs de la transition énergétique. Miser sur la décentralisation, la proximité et sur toute la chaîne de la transition (production, efficacité, électrification) c’est investir dans la robustesse même de la transition et la rendre concrètement possible.
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