Télétravailler pour le réarmement démographique
Une étude de Stanford a attiré mon attention cette semaine. Alors que la question démographique devient un vrai sujet économique et sociétal, des chercheurs se sont penchés sur le lien entre télétravail et fertilité sur la période 2023-2025.
«La flexibilité concernant le moment, le lieu et les modalités de travail – ou l’absence d’une telle flexibilité – constitue un facteur potentiellement important dans les décisions de fécondité. Les emplois permettant le télétravail offrent généralement plus de souplesse à cet égard, ce qui facilite pour les parents la conciliation entre l'éducation des enfants et l’emploi, et pourrait favoriser une hausse de la fécondité», estiment les auteurs en introduction.
Après l’étude de données portant sur près de 40 pays, ils estiment que «l’indice synthétique de fécondité estimé est supérieur de 0,32 enfant par femme lorsque les deux partenaires pratiquent le télétravail un ou plusieurs jours par semaine, par rapport au cas où aucun des deux ne le fait». L’impact est même de 0,45 enfant aux Etats-Unis.
Les auteurs estiment ainsi que le télétravail est «à l’origine de 8,1% de la fécondité aux Etats-Unis, soit environ 291.000 naissances par an en 2024». Son impact serait supérieur à celui des dépenses publiques consacrées aux soins et à l'éducation de la petite enfance aux Etats-Unis en ce qui concerne la fécondité.
A lire aussi : Peur sur le télétravail
Equilibre vie pro/vie perso
Un résultat significatif qui pousse à la réflexion à l’heure où de plus en plus d’entreprises, et notamment de banques, remettent en cause leur politique de télétravail.
Alors que l’augmentation de la participation des femmes au marché du travail est pointée du doigt comme une des causes de la baisse de la natalité et que les discours réactionnaires masculinistes percent de plus en plus auprès des jeunes hommes, maintenir le cap en matière d’équilibre vie personnelle/vie professionnelle apparaît plus que jamais d’actualité.
Un sujet qui concerne aussi bien les femmes que les hommes. L’étude de Stanford calcule que l’impact sur la fécondité est ramené à seulement 0,2 enfant si seule la femme télétravaille.
Ce billet est issu de notre newsletter Ambitions dédiée aux femmes dans la finance. Pour la recevoir gratuitement chaque mois dans votre boîte mail, vous pouvez vous inscrire ici.
Plus d'articles du même thème
-
La directrice financière de HSBC quittera son poste en 2027
Pam Kaur a décidé de ne pas renouveler ses fonctions pour poursuivre d’autres opportunités. Elle assumera un rôle de conseillère auprès du directeur général Georges Elhedery. -
L’emploi américain renforce la probabilité d’une hausse de taux
Le rapport sur les créations d’emplois a dépassé les attentes en août, et renforcé la possibilité d’un resserrement monétaire de la Fed dès le 18 septembre, malgré d’autres chiffres mitigés. -
Les pays en développement ont beaucoup à gagner grâce à l'IA
La Banque mondiale présente dans un rapport une méthode vouée à tirer le meilleur bénéfice de l’intelligence artificielle pour stimuler le développement, tout en échappant aux effets de bord qui restent complexes à éliminer, y compris dans les pays développés.
ETF à la Une
Les ETF européens approchent des 4.000 milliards de dollars d’encours
- Combien coûterait aux banques une hausse du plafond du Livret A
- Le Crédit Mutuel Arkéa pousse les feux avec Fortuneo
- Les investisseurs actions et crédit se protègent contre le risque politique français
- Avec le Livret A, Trade Republic et Axa Banque se partagent les données et les responsabilités
- Apple dévoile l'iPhone Duo, son premier smartphone pliable
Contenu de nos partenaires
-
Gros coupA New Delhi, les pays des Brics défendent leur vision du monde d'aujourd'hui et de demain
Réunis dans la capitale indienne pour leur 18e sommet, les onze pays membres représentant les économies émergentes de la planète ont fait la démonstration de leur cohésion à un moment où l'incertitude domine les relations internationales -
Midterms : le Texas, Etat de tous les dangers pour Donald Trump
Le président américain mise tout sur le candidat républicain Ken Paxton pour conserver sa majorité au Sénat. Mais les risques de défaite s'accentuent -
Choix publicsSans avenir, à quoi bon être libre ?
Si la liberté n'est pas promue comme une voie concrète vers une vie meilleure, les Français continueront à rechercher dans le vote populiste l'illusion de reprendre leur destin en main